Ligue 1: Leader après deux journées, Bordeaux se situe entre prudence et optimisme

FOOTBALL Après deux saisons poussives et sans enthousiasme, les Girondins semblent entrer dans une ère plus dynamique dans le sillage d’un Willy Sagnol qui fait l’unanimité…

Marc Nouaux

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Maurice-Belay, Contento, Sala, Pallois et Khazri (de g. à d.), quatre des cinq recrues des Girondins, symboles du renouveau de Bordeaux, vainqueur de Monaco, le 17 août. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
Maurice-Belay, Contento, Sala, Pallois et Khazri (de g. à d.), quatre des cinq recrues des Girondins, symboles du renouveau de Bordeaux, vainqueur de Monaco, le 17 août. AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT — AFP

Les Girondins n’étaient pas forcément attendus en ce mois d’août. Alors qu’ils sont les seuls avec Saint-Etienne à avoir gagné leurs deux premières rencontres, ils se retrouvent propulsés en tête de la Ligue 1 de manière surprenante. Le succès de prestige et de qualité contre Monaco (4-1), le week-end dernier, place les hommes de Willy Sagnol du côté des curiosités de la fin de l’été.

Contento, Pallois, Plasil, Khazri, Sala… Cinq joueurs qui n’étaient pas dans l’effectif la saison passée et qui ont évolué ensemble contre Monaco en deuxième période. Soit presque la moitié du onze qui a été renouvelé par rapport à celui de Francis Gillot. On l’a compris, l’arrivée de l’ancien sélectionneur des espoirs a insufflé une nouvelle dynamique. «On l’espère, sourit le milieu de terrain offensif, Nicolas Maurice-Belay. Après, on ne va pas s’enflammer. On espère que l’on n’aura pas de trous cette année.»

«Bordeaux peut revenir au premier plan»

Un discours bien convenu pour ne pas se mettre de pression. Mais personne n’est dupe, même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions hâtives, quelque chose a changé en Gironde. «La confiance que l’on a les uns envers les autres, estime Maurice-Belay. On le voit dans notre façon de jouer. Le fait de faire tourner rapidement le ballon, on a l’impression de pouvoir être une menace de partout, à droite ou à gauche. Le coach nous a toujours dit depuis le début que si on fait tourner le ballon de la bonne manière, ce sera dur pour n’importe quelle défense de nous arrêter. Cela marche depuis la reprise.»

La question aujourd’hui est de savoir combien de temps Bordeaux tiendra ce rythme? Dans L’Equipe du jour, Nicolas De Tavernost, le président du directoire de M6, propriétaire du club, a affiché son optimisme. «On avait vécu une année de référence avec Laurent Blanc (en 2007-2008, un an avant le titre de champion de France), on en attend une nouvelle. On sent que des bases solides sont posées. Bordeaux peut revenir au premier plan. En tout cas, c’est notre ambition.»

Un effectif trop limité pour rester en haut toute la saison

Pour son entraîneur, Willy Sagnol, pas question de verser dans l’euphorie ni dans une vision à long terme. «Le classement est anecdotique, assène-t-il. Quatre jours après Monaco, on est toujours dans la même philosophie et façon de penser. Ce qui nous intéresse, c’est ce que l’on va produire contre Nice, samedi. Notre production notre jeu, les ingrédients que l’on va mettre dans notre animation, pour continuer notre bonhomme de chemin.»

Avec trente bonnes minutes à Montpellier et quarante-cinq excellentes contre Monaco, Bordeaux est en train de poser les bases d’un projet qui semble solide. Mais sa marge de manœuvre est relativement restreinte. Déjà privé de Jussiê et Saivet en attaque ainsi que de Plasil et Traoré au milieu, Sagnol ne dispose pas de beaucoup de solutions de rechange en cas de nouvelle blessure ou de méforme de ses cadres. Une réalité que l’ancien international, qui n’a encore jamais perdu en tant que coach (huit victoires et deux nuls en dix matchs sur un banc) doit toujours garder dans son esprit. Histoire de ne pas s’enflammer et d’anticiper des périodes qui seront sans doute plus difficiles que celle qu’il traverse aujourd’hui.