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Coupe du monde de rugby: Pourquoi le jeu des filles est plus sympa à regarder que celui des garçons?

Coupe du monde de rugby: Pourquoi le jeu des filles est plus sympa à regarder que celui des garçons?

RUGBY FEMININAvant la demi-finale entre la France et le Canada mercredi à Paris…
Julien Laloye

Julien Laloye

Plus que trois jours avant la reprise du Top 14, ses bastons en mêlée, ses bonus défensifs arrachés à coups de pénalités lointaines et sa gestion de boutiquier à la petite semaine. D’ici là, il reste encore le rugby féminin et le XV de France, demi-finaliste de la Coupe du monde face au Canada mercredi, pour faire rêver les amateurs de chevauchées endiablées et de chistera en pagaille. 20 Minutes vous explique pourquoi vous n’avez pas le droit de rater ce match.

Parce que le jeu au pied est banni

C’est peut-être LA différence qui saute aux yeux avec les garçons. Dans le rugby féminin, on n’envoie pas une ogive de 60m dés que la défense adverse vous chatouille les mollets d’un peu trop près. «Elles ont moins de puissance, donc c’est logique, détaille Nicolas Roger, entraîneur des Montpelliéraines, championnes de France en titre. Les pénalités à plus de 40 mètres, il faut oublier. Pour chercher les touches c’est pareil, donc on joue beaucoup plus à la main. Ca donne un rythme de jeu assez plaisant.» Et des occasions d’essai plus nombreuses.

Parce que le vice est resté chez les garçons

A Marcoussis, où s’est déroulée la phase de poules, on cherche toujours la trace d’une mêlée écroulée ou d’un maul cochonné par la défense. «J’ai l’habitude d’entraîner les avants en club, je peux vous dire que le vice n’est pas dans leur mentalité. Leur approche, c’est de maîtriser leurs fondamentaux, pas de mettre l’autre à la faute.» Ce qui ne veut pas dire que ça ne "pique" pas de temps en temps dans les regroupements. «En France, les entraîneurs sont des hommes influencés par la culture du jeu d’avants. Porter un ballon ou mâcher l’adversaire, elles aiment ça aussi.»

Parce que le jeu n’est pas programmé sur ordinateur

Chez les garçons, PSA et son staff ont longtemps mis les difficultés du XV de France sur le dos d’un cahier des charges trop exigeant. Et quand on dit cahier, c’est au sens littéral du terme, avec un chapelet de combinaisons long comme la bible à ingurgiter. Les filles sont beaucoup plus spontanées. «On ne s’entraîne pas assez pour avoir des positionnement précis à l’infini, confirme Roger. Au bout de 2 ou 3 temps de jeu, c’est la lecture du jeu et l’adaptation à la situation qui prédomine.» La fameuse intelligence situationnelle chère à Pierre Villepreux n’a donc pas disparu du paysage. Ni l’ambition de relancer un ballon depuis ses 22 mètres sans passer pour une dangereuse illuminée.

Parce que les filles sont appliquées

Si le rugby féminin souffre encore de la comparaison avec les garçons sur le plan physique, le fossé technique n’existe plus ou presque. Passes sautées des deux côtés, soutiens après la prise d’intervalle, la plupart des matchs du Mondial ont montré une qualité de jeu bluffante. «Comme la pratique est neuve, il n’y a rien d’acquis et une vraie application sur les gestes simples, juge Nicolas Roger. Il y a un énorme travail sur la technique individuelle, plus que chez les garçons où cet aspect un peu été laissé de côté. Et puis, pour en avoir parlé avec elles, les filles avaient peur d’être ridicules. Elles voulaient monter qu’elles faisaient un vrai sport.» Plus personne n’en doute.