Allemagne-Argentine: «Montre au monde que tu es meilleur que Messi», a lancé Joachim Löw à Mario Götze avant son but

FOOTBALL Et le prodige l’a fait...

B.V. à Rio

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Mario Götze après son but victorieux face à l'Argentine, le 13 juillet 2014
Mario Götze après son but victorieux face à l'Argentine, le 13 juillet 2014 — SIPANY/SIPA

De notre envoyé spécial à Rio (Brésil),

C’est le genre d’anecdotes dont les légendes se nourrissent. Ce dimanche soir, Joachim Löw a peut-être écrit la sienne en susurrant quelques mots à l’oreille de Mario Götze, lors de la mi-temps des prolongations. «Je lui ai dit: "Montre au monde que tu es meilleur que Messi, que tu peux décider du vainqueur de la finale"». Et il s’est exécuté. D’une sublime volée, il a offert à l’Allemagne sa quatrième Coupe du monde. Lui qui était entré en jeu à peine 20 minutes avant. Lui qui n’était plus qu’un remplaçant dans cette équipe. Lui qui a vécu une saison douloureuse au Bayern Munich.

Considéré comme le plus grand talent du pays, transféré l’été dernier de Dortmund à la Bavière pour 37 millions d’euros (à 21 ans !), Super Mario s’est un peu perdu en route. La concurrence de Munich n’est pas évidente à gérer. «Ca n’a pas été une saison simple pour moi, expliquait-il après la rencontre en conférence de presse. Je remercie ceux qui m’ont soutenu, ma petite amie, mes proches, mes coéquipiers. J’ai continué à travailler avec eux. Ils méritent tous d’être cités ce soir.»

«C’est notre faiseur de miracle»

Chaussettes claquettes aux pieds, Götze n’a pas encore tout à fait réalisé l’ampleur de ce qu’il venait d’accomplir. Les traits de son visage juvénile le trahissent. Programmé pour être le plus grand joueur allemand de tous les temps depuis ses débuts en Bundesliga, à 17 ans, sa vie a basculé sur un éclair de génie. «C’est un sentiment incroyable, je ne sais pas comment le décrire, sourit-il. Tu marques et tu ne sais pas exactement ce qu’il se passe. Un rêve devient réalité. Je suis plus qu’heureux.»

Plus posé, son sélectionneur assure que l’histoire était écrite d’avance. «On a senti que l’Argentine était fatiguée en prolongations, analyse Löw. J’ai fait entrer Mario car c’est un faiseur de miracle, c’est notre petite merveille. Il est capable de faire la différence à tout moment.» Ca n’a jamais été si vrai que ce soir.