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Coupe du monde 2014: «Brasil decime que se siente…», aux origines du chant argentin qui chambre les Brésiliens
FOOTBALL•Lancé au début du Mondial, ce chant est devenu un tube en Argentine...Antoine Maes
De notre envoyé spécial à Sao Paulo,
S’il a regardé les matchs de l’Argentine, l’Américain John Fogerty a sans doute dû tiquer un peu. L’ancien leader du mythique groupe de rock Creedance Clearwater Revival a en effet forcément remarqué que le chant préféré des supporters de l’Albiceleste est une reprise d’un des morceaux de son ancien groupe (précisément de l’album Bad Moon Rising). L’hymne, un chef-d’oeuvre de chambrage à destination du voisin brésilien, connaît un succès énorme en Argentine.
Traduite in extenso, cette chanson que les Argentins ne manqueront pas de reprendre à la Corinthians Arena de Sao Paulo contre les Pays-Bas, donne:
«Brésil dis-moi que tu sens
Que ton papa est à la maison.
Je te jure que malgré les années qui passent
Nous n’oublierons jamais.
Que Diego t’as fait jongler,
Que Cani t’a vacciné,
Que tu pleures depuis l’Italie jusqu’à maintenant.
Tu vas voir Messi,
On va ramener la Coupe,
Maradona est plus grand que Pelé».
Une référence directe au 8e de finale de la Coupe du monde 1990 remportée par les coéquipiers de Diego Maradona. Après vingt-quatre ans, c’est ce qu’on appelle avoir de la mémoire… Si l’air est repris depuis plusieurs années par les tribunes de San Lorenzo, Boca Juniors puis River Plate, le succès des paroles de la version écrite pour le Mondial ne doit rien au hasard.
Succès né à Copacabana
Ses initiateurs, un groupe de huit potes, ont d’ailleurs été retrouvés par une équipe de la BBC Brésil. «Notre intention était de s’amuser. Pas de provoquer. Et comme les Brésiliens disent que Pelé est meilleur que Maradona, on a pensé que serait un bon chant», explique Ignacio Harraca (30 ans). Pas assez bon pour prendre naturellement, sans aucune aide.
Après avoir lancé un appel sur les réseaux sociaux, les apprentis compositeurs se sont retrouvés le 14 juin au fameux Poste 4 de la plage de Copacabana (à la veille du 1er match contre la Bosnie), le point de ralliement des supporters argentins. Ils y ont distribué 400 fiches avec les paroles de leur «œuvre», et «à chaque fois qu’il y avait un silence entre un chant et un autre, on chantait le nôtre», raconte Ignacio Harraca. Un mois plus tard, le succès est tellement énorme qu’il existe même une reprise cumbia.


















