01:58
Mondial 2014: Rio vit une Coupe du monde sans accrocs grâce à son Centre d’opérations
REPORTAGE•Tout le trafic de la ville est contrôlé depuis cet endroit…Corentin Chauvel
De notre correspondant à Rio de Janeiro
Le maire de Rio, Eduardo Paes, est malin. Afin de minimiser le chaos routier dans sa ville pendant la Coupe du monde, il a mis toutes les écoles publiques en vacances et surtout instauré des jours fériés les jours de match au Maracanã. Jusqu’à présent, le Mondial carioca est on ne peut plus positif et les choses se passent d’autant mieux que Rio dispose depuis fin 2010 d’un poste de contrôle du trafic: le Centre d’opérations de Rio (COR).
Le COR, c’est le centre névralgique de cette ville qui est un chantier ouvert depuis qu’elle se prépare à accueillir le Mondial et surtout les Jeux olympiques de 2016. Situé derrière la mairie de Rio, ce lieu unique au Brésil consiste principalement en une grande salle doté d’un mur d’écrans (une cinquantaine) dont un tableau synoptique avec le plan satellite de la ville et son trafic en temps réel (avec des couleurs suivant sa densité, du vert au rouge), un radar météo (avec la densité des pluies potentielles) ainsi que des télévisions diffusant les images des centaines de caméras de vidéosurveillance de la ville.
Une Coupe du monde sans crise
Devant leurs écrans, des fonctionnaires municipaux, tous en combinaison blanche, s’activent sur leurs données, en contact permanent avec toutes les entités de la ville, des pompiers à la police en passant par les services de voirie et de transports. Fonctionnant sept jours sur sept et 24h sur 24, «le COR diminue l’impact des problèmes de la ville», explique à 20 Minutes son directeur exécutif, Pedro Junqueira. «Nous pouvons ainsi affronter quotidiennement tous les grands événements qui peuvent se dérouler, d’une forte pluie à une manifestation en passant par un grand événement festif», ajoute-t-il.
Cette Coupe du monde en fait partie. «Elle se déroule sans crise pour l’instant parce qu’elle a été anticipée et planifiée», indique Pedro Junqueira. Jusqu’à la fin de la compétition, le rôle du COR est de faire en sorte que tout le monde puisse arriver au Maracanã sans encombre, à commencer par les équipes et les arbitres. Le public, lui, vient quasiment uniquement en métro puisqu’il n’y a pas de parking de prévu autour du stade et le quartier entier est bouclé par les forces de l’ordre afin de repousser au plus loin les manifestations potentielles.
Un centre de presse au cœur du COR
Sur une mezzanine surplombant la salle d’opérations se trouve le centre de presse du COR. Une dizaine de journalistes (presse, radio et télévision) des différents médias locaux travaillent sur place. En toute transparence, selon Pedro Junqueira, toutes les informations leur sont transmises immédiatement – relayées également sur les réseaux sociaux - et les télévisions ont accès aux images des caméras de vidéosurveillance de la ville. Le groupe Globo y est présent 24h sur 24.
«Le COR est d’une très grande utilité pour nous et il est vraiment au service de la population», assure à 20 Minutes Anderson Ramos, journaliste à la radio Sulamérica Paradiso, après effectué son flash routier en direct de son bureau. «C’est beaucoup plus facile qu’avant où nous étions obligés de nous déplacer en moto dans la ville pour voir le trafic», ajoute-t-il. Même s’il travaille au cœur d’un service municipal, le reporter estime avoir une entière liberté de parole: «Je n’ai aucune pression particulière, je peux dire que certains travaux sont mauvais parce qu’il n’y a pas d’alternatives, la critique doit exister.»
Mais Pedro Junqueira ne se laisse pas sa municipalité se faire facilement égratigner. Quand on lui cite la récente grève des chauffeurs de bus ou les problèmes liés à la destruction de l’un des périphériques de Rio, il juge que le trafic est d’autant meilleur. «On ne peut pas non plus résoudre tous les problèmes, car on ne peut pas empêcher les gens de prendre leur voiture et la pluie de tomber», rappelle-t-il.


















