Coupe du monde 2014 : Falcao, le «Pelé du futsal» qui a rêvé du «vrai football»

FOOTBALL Star du football en salle, le Brésilien aurait aimé disputer le Mondial sur grand terrain…

Antoine Maes

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Le Brésilien Falcao, légende du football en salle, le 12 novembre 2012 en Thaïlande.
Le Brésilien Falcao, légende du football en salle, le 12 novembre 2012 en Thaïlande. — PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP

De notre envoyé spécial à Sao Paulo,

Quand il descend de sa grosse berline, les gamins lui courent après. Et quand les journalistes brésiliens lui quémandent une interview, c’est au cri de «craque!» qu’ils l’interpellent. Si Falcao joue au foot, il est pourtant inconnu du grand-public européen. Et pour cause: il ne s’agit ni de l’attaquant colombien de Monaco, ni de l’ancienne légende de la Seleçao. Mais d’Alessandro Rosa Vieira, 36 ans, mythe vivant du foot en salle.

Pendant le Mondial, Falcao fait le tour des camps de base. Il échange son maillot avec Cristiano Ronaldo. Passe faire un coucou chez les Algériens. Et distille son regard de star du futsal à qui veut bien l’entendre. «Le Brésil est toujours favori, pour ses joueurs, pour son histoire et parce qu’il joue à domicile. Mais il y en a d’autres de bien préparées: la Hollande, l’Allemagne, l’Argentine… Neymar? C’est un ami, et si le Brésil est champion du monde, ce sera en grande partie grâce à lui».

«Il voulait juste faire des bicyclettes en dehors de la surface»

La différence entre l’attaquant du Barça et notre Falcao? Le premier s’est servi du futsal pour élargir sa palette de joueur «chez les grands». Le deuxième n’en est jamais sorti. Ou presque. En 2005, il passe cinq mois au Sao Paulo FC. La plupart du temps sur le banc et sans briller, mais ce passage éclair lui permet de remporter une Copa Libertadores et un titre de champion de l’état de Sao Paulo.

Si Falcao considère toujours ce test à 11 contre 11 comme «une bonne expérience», on ne peut pas dire que Leao, son coach de l’époque, soit d’accord avec lui. «Le président m’a dit qu’il l’avait pris pour des raisons marketing. Je lui ai dit: ce marketing va poser problème. Et ça l’a posé. Qu’est-ce qui s’est mal passé? Il n’a pas tout donné, il voulait juste faire des bicyclettes en dehors de la surface de réparation».

Faux, pour Falcao, qui jure qu’il aurait pu signer une prolongation de quatre ans. Mais qui décide tout de même de retourner en salle. «Au Brésil, on a beaucoup de sponsors dans ce sport, et depuis longtemps. Et si on ne me reconnait pas en Europe, ici je suis une star».  Mais pendant que son «ami» Neymar aide son pays à remporter une 6e Coupe du monde, lui signe des autographes sans jouer.