Tour de France: Comment gérer la déception des coureurs non sélectionnés
CYCLISME•L'absence au Tour de France est un coup dur pour un coureur cycliste...undefined undefined
C’était un choix difficile, mais Marc Madiot a tranché. Le manager de la FDJ (Française des Jeux) n’a pas sélectionné Nacer Bouhanni pour la Grande boucle, malgré son beau début de saison.
Comme lui, les managers doivent constituer leur équipe et font des déçus chez les cyclistes qui, cette année, devront passer leur tour. «Ce n’est jamais simple de dire "tu ne feras pas le Tour de France". On sait bien que tout coureur en rêve. C’est la plus grande course du monde», confie Didier Rous, manager de l’équipe Cofidis.
Avec un effectif de 25 noms et seulement 9 places disponibles, choisir oblige à renoncer. «Notre rôle est de donner des explications honnêtes et franches au coureur malheureux. S’il ne les accepte pas, on ne va pas pleurer, c’est à lui de se débrouiller avec ça», lâche l’ancien patron de Cofidis, Eric Boyer, avant de nuancer. «Il faut lui faire comprendre que la décision se fait en fonction d’un collectif, d’une stratégie d’équipe, pas d’un profil particulier.»
«C’est de l’humain permanent»
Après la non-sélection, attention au coup de pompe. «Certains l’acceptent très bien. Ils ont conscience qu’ils sont en retard sur leur préparation physique, ou dans une mauvaise passe. Pour d’autres c’est plus compliqué, il peut y avoir une remise en question», concède Didier Rous. «Ce sont des moments sensibles. Humainement, c’est parfois difficile», ajoute Eric Boyer.
Comment regonfler le moral de son champion? «Chaque cas est différent. Il y a les habitués du Tour, les pressentis, les nouveaux pros… Personne ne réagit de la même manière. L’essentiel est de parler avec eux. Notre métier, c’est de l’humain permanent», sourit l’ancien cycliste.
Le cas de Nacer Bouhanni l’illustre bien: les frustrés peuvent en profiter pour changer d’air. «On n’a pas le temps de s’apitoyer sur le sort de chacun», tranche Eric Boyer. Pas question donc, de leur faire miroiter un juteux renouvellement de contrat. «On n’est pas là pour anticiper des caprices. Cela reviendrait à offrir plusieurs petits cadeaux à son enfant parce qu’on n’a pas réussi à lui acheter le gros qu’il voulait. Les coureurs sont à notre service, pas l’inverse.»
«C’est là qu’on voit le mental d’un coureur»
«Il n’y a pas que le Tour de France. Une équipe pro fait 250 à 300 jours de courses pendant l’année», rappelle Didier Rous. «C’est dans ces moments qu’on voit le mental d’un coureur. A lui de rebondir pour faire une belle Vuelta par exemple.»
Lorsqu’un coureur n’est pas sélectionné, deux possibilités existent pour le remettre en selle. «Soit il prend des vacances pour se reconstruire. Soit on le met sur une autre course», résume Alain Gallopin, dirigeant de la formation Trek Factory Racing. Au risque de faire naître quelques regrets. «Une année [2011] à RadioShack, on n’avait pas sélectionné Robert Hunter. On l’aligne sur le tour d’Autriche, et il gagne la première étape…»


















