Coupe du monde 2014: Pourquoi les équipes latino-américaines sont si fortes

FOOTBALL Costa Rica, Mexique, Colombie, Chili… les équipes européennes semblent moins bien préparées…

Antoine Maes

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Un supporter du Chili déguisé en super-héros pour encourager son équipe contre L'Espagne, le 18 juin 2014, à Rio.
Un supporter du Chili déguisé en super-héros pour encourager son équipe contre L'Espagne, le 18 juin 2014, à Rio. — GABRIEL BOUYS / AFP

De notre envoyé spécial à Sao Paulo,

C’est peut-être facile de le dire après le crash des Espagnols, mais pour Louis Van Gaal, «le Chili est l’adversaire le plus redoutable de notre groupe». Le sélectionneur des Pays-Bas, qui affrontent les Chiliens lundi, n’est pas aveugle: depuis le début de la Coupe du monde, les équipes latino-américaines sont en pleine bourre. Le Costa Rica est en 8e de finale, la Colombie impressionne, le Mexique est solide, l’Uruguay peut encore sortir du «groupe de la mort»

Finalement, ce sont le Brésil et l’Argentine, les deux équipes les plus «européanisées», qui font la moins bonne impression… mais qui devraient quand même passer la phase de poule. Un chiffre montre bien cette tendance: 8 équipes latino-américaines sont encore susceptibles de se qualifier pour les 8es de finale. A ce niveau, elles étaient trois en 2002. Quatre en 2006. Et six en 2010.

«Le Chili est capable de vous mettre une immense pression pendant 90 minutes»

A regarder les matchs, c’est l’impression visuelle de dévouement et de qualité physique qui impressionne. Par exemple, «le Chili est capable de vous mettre une immense pression pendant 90 minutes, et ça, peu d’équipes peuvent le faire, décrit Van Gaal. Et pour résister à ça vous avez besoin de qualité technique».

Dans un édito pour le journal argentin La Nacion, l’ancien parisien Juan-Pablo Sorin décrit bien cet état d’esprit. «Toutes les équipes "latinas" sont puissantes et sans peur. Elles sont capables de maintenir leurs fans debout et de les émouvoir avec leur ambition. Chacune a son style et son identité, mais en faisant valoir quelque chose de très local, à la mesure de la chaleur qu’elles reçoivent.»

«Le principal obstacle que devront surmonter les équipes européennes, c’est les changements de climat»

Fatiguée par une saison éreintante dans ses championnats, la vieille Europe encaisse mal ce que les Uruguayens appellent «la garra charua». Un mélange de jeu viril et d’extrême motivation partagé par beaucoup d’équipes de l’autre côté de l’Atlantique. A la tête de la sélection costaricienne, Jorge Luis Pinto a résumé ça d’une jolie formule: «Plus le taureau est brave, mieux le taureau combat.»

Et cette fois, le taureau combat chez lui. «Le principal obstacle que devront surmonter les équipes européennes, c’est les changements de climat, assurait avant la compétition Ioan Lupescu, le patron de la commission technique de l’UEFA. Jouer à différents endroits dans un pays aussi grand peut revenir à jouer pendant trois saisons différentes», explique-t-il. Au fait: en six Coupes du monde organisées en Amérique latine, jamais aucune sélection européenne n’est allée au bout.