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Coupe du monde 2014: «Les performances de la Russie redonnent de la fierté au peuple après la chute de l’Union soviétique»
INTERVIEW•Raymond Verheijen, ex-préparateur physique de la sélection, témoigne…Propos recueillis par Romain Baheux
Objectif, quart de finale. Absente des deux dernières éditions mais première de son groupe de qualification devant le Portugal, la Russie de Fabio Capello ne connaît pas le doute au moment d’aborder cette Coupe du monde. Au Brésil, les Russes seront dans un groupe abordable avec l’Algérie, la Corée du Sud et la Belgique. Préparateur physique de la sélection pendant l’Euro 2008, le Néerlandais Raymond Verheijen décrit les spécificités du football russe.
Quel souvenir gardez-vous des footballeurs de cette sélection?
Techniquement, ils étaient très doués car leur formation favorise cet aspect de leur jeu. Ils font des exercices de circulation de balle à onze contre zone sur un quart de terrain. Le problème, c’est que tu ne te développes pas tactiquement avec cette méthode car tu n’apprends pas à défendre sur un grand terrain. Ils ne courraient pas pour récupérer la balle quand ils l’avaient perdu. Physiquement, c’était un football à basse intensité et on a dû faire changer certaines choses dans leur jeu.
Qu’a apporté Fabio Capello à cette équipe?
C’est une méthode différente de celle que l’on avait mise en place, forcément plus à l’italienne. Il a accompli de belles choses avec cette équipe, ils ont réussi une belle campagne de qualifications et ont les moyens de rejoindre les huitièmes de finale.
Quels joueurs ressortent?
A mon sens, la force de cette équipe est qu’elle ne possède pas une superstar. Capello veut des guerriers qui se battent pour leur pays, des joueurs disciplinés. Les Russes ne sont jamais aussi bons que quand on les donne perdants.
Y a-t-il une pression particulière autour de cette sélection?
Beaucoup de médias suivent la Russie mais la pression n’a rien de comparable avec celle que l’on peut connaître en Espagne ou en Angleterre. Pour les autorités, c’est très important par contre. Il leur faut des victoires, c’est un outil de promotion du pays. Quand on a atteint les demi-finales de l’Euro en 2008, on a vu que les Russes étaient fiers. La chute de l’Union soviétique a touché la confiance de ce peuple et le football leur en redonne.



















