Mondial 2014: Après les doutes et les manifestations, le Brésil retient son souffle pour sa Seleçao

FOOTBALL La sélection brésilienne attaquera la compétition jeudi contre la Croatie, à Sao Paulo…

Antoine Maes

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L'attaquant de l'équipe du Brésil Neymar, le 6 juin 2014 à Sao Paulo contre la Serbie.
L'attaquant de l'équipe du Brésil Neymar, le 6 juin 2014 à Sao Paulo contre la Serbie. — NELSON ALMEIDA / AFP

De notre envoyé spécial à Sao Paulo,

Au Brésil, le statut de grand favori ne suffit pas. Alors que tout le pays retient son souffle avant le match d’ouverture contre la Croatie, jeudi, tous les moyens sont bons pour mettre le plus de chance possible de son côté. Mercredi dans l’immense cathédrale gothique de Sé, ils étaient sans doute quelques-uns à adresser leurs prières pour une victoire de la Seleçao. Impossible tout de même de brûler un cierge: ils sont électriques, et pour 50 centimes de real (moins de 20 centimes d’euros), une ampoule en forme de bougie s’allumera pendant une heure.

La preuve de cette dévotion, on la trouve aussi à la tête de l’équipe. Comme en 2002 quand il avait conduit le Brésil au titre suprême, Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur, est allé se recueillir au sanctuaire de Nossa Senhora de Caravaggio. La foi, les Brésiliens l’ont aussi en lui: dans un sondage, 68 % d’entre eux font confiance à leur sélectionneur, et ils sont autant à croire à la victoire finale. Le coach sait pourtant que l’adhésion autour de son équipe est fragile.

«On n’organise pas la Coupe pour être troisième ou quatrième»

Lors de leur dernier match de préparation contre la Serbie (1-0), Neymar et consorts sont même rentrés au vestiaire sous les sifflets du stade Morumbi de Sao Paulo. «Nous avons l’obligation de gagner le titre. On n’organise pas la Coupe pour être troisième ou quatrième», martèle tout de même «Felipao». Il faudra le faire avec la superstar Neymar et la meilleure charnière centrale du monde (Thiago Silva et David Luiz), mais aussi avec un gardien vieillissant (Julio Cesar, 34 ans), et un attaquant (Fred) qui n’a pas laissé un souvenir impérissable en Ligue 1.

Dans un pays ulcéré par les 11 milliards dépensés pour l’organisation, le Brésil a pourtant plus qu’une obligation de résultat. Encore plus à Sao Paulo, une ville tiraillée depuis plusieurs mois entre sa passion du foot et des manifestations monstres. La Fifa doit d’ailleurs prier pour que tout le pays retombe amoureux de sa Seleçao. Et pour ça, la date est parfaite: le 12 juin, c’est le «Dia dos namorados», la Saint-Valentin locale.