Un supporter brésilien devant la police anti-émeute, le 9 juin 2014, à Sao Paulo.
Un supporter brésilien devant la police anti-émeute, le 9 juin 2014, à Sao Paulo. — AFP PHOTO/NELSON ALMEIDA

FOOTBALL

Mondial 2014: Sao Paulo, entre négociations sociales et rumeurs d’actions violentes

La ville qui accueillera Brésil-Croatie jeudi est sous tension…

De notre envoyé spécial à Sao Paulo

Sur le papier, tout a l’air d’aller mieux. Alors que Sao Paulo s’apprête à recevoir le match d’ouverture, jeudi, entre le Brésil et la Croatie, la tension semble avoir baissé d’un cran. La grève qui a paralysé l’ensemble du métro pendant cinq jours est terminée. Et même le Mouvement pour les travailleurs sans toit, qui enchaîne les manifestations devant la Corinthians Arena depuis de longues semaines, a promis de se tenir tranquille pour l’entrée en lice de la Seleçao, après avoir obtenu des garanties de l’Etat.

Le calme n’est pourtant qu’apparent. Les employés du métro ont prévu pour mercredi une nouvelle assemblée générale pour décider d’une potentielle nouvelle grève, la dernière ayant été jugée illégale par la justice. Sans métro, Sao Paulo étouffe sous les bouchons: encore 170km répertoriés lundi… Les autorités ont d’ailleurs dû envoyer les forces de l’ordre déloger les derniers grévistes de certaines stations, et pas franchement dans le calme.

Des menaces du gang le plus puissant?

A mesure que la cérémonie d’ouverture approche, les rumeurs d’actions beaucoup plus radicales circulent aussi. Le groupe anarchiste des Black Bloc, auteur des protestations les plus violentes il y a un an, a annoncé des actions pour le 12 juin. En misant sur l’appui du Premier Commando de la Capitale (PCC), le gang le plus puissant de Sao Paulo, capable de paralyser la ville en lançant des ordres venus… des prisons de la ville, où ses principaux dirigeants sont enfermés.

«Nous n’avons pas d’alliance ni ne sommes contre le PCC», expliquait un des leaders des Black Bloc au journal Estadao da Sao Paulo. Depuis, les rumeurs vont bon train chez les journalistes brésiliens. La dernière en date? Le PCC et son chef, le tout-puissant Marcola, auraient prévu des actions quasi-terroristes dans les bars et restaurants où les gens se regrouperaient pour suivre les matchs. Même si l’information ne se vérifie pas, cela prouve au moins une chose: à Sao Paulo, on aime beaucoup se faire peur.