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Roland-Garros 2014: Pour son oncle, Rafael Nadal «sait se mettre au niveau de l’adversaire»
TENNIS•L’entraîneur du numéro un mondial est confiant sur les chances de son neveu de gagner une neuvième fois le tournoi…Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
La peau tannée par le soleil des Baléares et sa casquette Iberostar bien vissée sur le crâne, Toni Nadal, inusable, regarde son neveu enchaîner les coups droits gagnants lors de son entraînement matinal sur le court numéro 12 jeudi. Comme l’ensemble des suiveurs présents le long de la main courante, l’entraîneur du numéro un mondial peut constater qu’il n’a pas trop de soucis à se faire. Impérial depuis le début de la quinzaine, Rafael Nadal abordera sa demi-finale face à Andy Murray en grande forme. Entretien.
Est-ce que vous êtes satisfait du niveau de jeu de votre neveu pour le moment?
Je suis satisfait de son parcours. Rafael tape très bien à l’entraînement, il a fait quelques bons matchs aussi. Le revers l’a un peu lâché lors des premiers jeux face à Ferrer, il s’est un peu crispé, mais ça s’est bien terminé.
Hormis pendant un set, contre Ferrer, il n’a pas eu à se tester beaucoup depuis le début du tournoi. Vous trouvez ça dommage?
C’est vrai que le tableau de Rafael a été plutôt clément, ce serait difficile de dire le contraire, mais il n’a pas joué contre n’importe qui non plus. Thiem, c’est un joueur prometteur, Mayer, il faut se le coltiner sur terre… Il s’en est bien sorti sur les premiers tours, alors qu’on a toujours beaucoup de problèmes la première semaine. Je me souviens de matchs très mauvais lors des premiers tours sur la Lenglen contre Mina, Devilder, Andujar… Andujar, on avait eu de la chance de jour là. Cette année c’était mieux, on ne va pas s’en plaindre.
Le dos de «Rafa» va mieux?
Il a pu servir plus fort contre Ferrer. Ce n’était plus une contrainte comme lors des premiers tours, où il y est allé très précautionneusement. C’était une crainte contre Ferrer, mais il a servi à un niveau acceptable. Murray [son adversaire en demi-finale] retourne tout, même s’il ne te met pas nécessairement sous pression à chaque fois. Il faudra bien servir pour gagner.
Mais Andy ne l’a jamais battu sur terre battue. Ca vous met en confiance?
Contre Murray, ça dépend toujours de son niveau. Si c’est le meilleur Murray, celui de Rome, il faudra jouer mieux que ce qu’on a fait depuis le début du tournoi. Mais Rafael sait se mettre au niveau de l’adversaire. Si c’est meilleur en face, il sera meilleur. On dit que la terre battue n’est pas la meilleure surface d’Andy, mais il est régulièrement en demi-finale ici, il fait partie des meilleurs joueurs du monde, on ne va rien découvrir vendredi.
Au moins, cette fois-ci, ce match aura bien lieu sur le Central. Comment avez-vous vécu le fait de devoir jouer sur le Lenglen en quarts de finale?
C’est une erreur entre nous et l’organisation. Le premier jour, je me suis dit «allons jouer sur le Lenglen», comme ça, ce sera réglé pour la suite, parce que «Rafa» préfère le Chatrier. Et puis il y eu les quarts de finale. Je voyais venir que Monfils allait jouer sur le Central, je comprends la logique pour les spectateurs français, mais un tournoi de cette catégorie, quand même, devrait faire en sorte que le numéro un mondial joue sur le meilleur court. Je ne pense pas que Wimbledon ferait ça à Federer.
Ca n’a pas influé sur les bonnes sensations de votre joueur?
Les sensations sont bonnes, c’est très bon sur les entraînements, notamment. Après, c’est toujours la même chose, les bonnes sensations ça ne suffit pas quand tu t’apprêtes à rencontrer les meilleurs joueurs du monde. Mais on est mieux qu’après Monte-Carlo et Barcelone, quand «Rafa» doutait beaucoup plus sur son niveau de jeu. Là, il sait qu’il est capable de faire un bon match s’il y a besoin.
Ressent-il plus de pression que d’habitude, après une saison de terre battue difficile?
Je vais vous dire une chose: la seule fois qu’on est arrivés ici après avoir gagné l’Open d’Australie, Rafael n’est pas allé au bout à Paris pour la première fois. Il n’y a pas plus de pression après avoir perdu à Melbourne ou à Monte-Carlo. On n’a pas plus de pression que Djokovic qui veut gagner Roland-Garros pour la première fois.
Une finale éventuelle face à Gulbis, ce serait mieux que Djokovic?
Gulbis serait un adversaire difficile à manier en finale, mais c’est sûr que Djokovic, pour «Rafa», c’est le rival le plus compliqué à affronter. Cela dit, c’est le plus compliqué pour tout le monde sur le circuit. Alors on verra.


















