NBA: Boris Diaw est à l’apogée de sa carrière avant de jouer la finale de NBA avec les Spurs

BASKET Des proches du capitaine de l’équipe de France décryptent son niveau et son état d’esprit avant qu’il aborde sa deuxième finale consécutive ce jeudi soir contre le Heat de Miami…

Marc Nouaux

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San Antonio Spurs forward Boris Diaw (33) drives under the basket past Oklahoma City Thunder forward Serge Ibaka (9) in the third quarter of Game 4 of the Western Conference finals NBA basketball playoff series in Oklahoma City, Tuesday, May 27, 2014. Oklahoma City won 105-92. (AP Photo/Sue Ogrocki)/OKSO122/602125469039/1405280628
San Antonio Spurs forward Boris Diaw (33) drives under the basket past Oklahoma City Thunder forward Serge Ibaka (9) in the third quarter of Game 4 of the Western Conference finals NBA basketball playoff series in Oklahoma City, Tuesday, May 27, 2014. Oklahoma City won 105-92. (AP Photo/Sue Ogrocki)/OKSO122/602125469039/1405280628 — Sue Ogrocki/AP/SIPA

Et s’il était dans la forme de sa vie? Boris Diaw, 32 ans, va disputer sa deuxième finale consécutive de NBA avec les Spurs de San Antonio, ce jeudi. Auteur de 26 points lors du match 6 contre Oklahoma le week-end dernier, il a réalisé la meilleure performance comptable depuis son arrivée dans le Texas il y a deux ans. «Ce n’est plus une seconde mais une troisième jeunesse pour moi, a plaisanté le Bordelais, interrogé par les médias. C’est une équipe dans laquelle je me sens vraiment bien, particulièrement au niveau du jeu pratiqué. On peut facilement y évoluer parce que les joueurs et le staff mettent une bonne ambiance au quotidien. C’est un peu à l’européenne.»

«Il est à l’apogée de sa carrière, estime Claude Bergeaud, ancien sélectionneur de l’équipe de France, qui a souvent coaché Diaw en sélection et en club. Ce qu’il fait en ce moment, c’est énorme! Je l’ai déjà vu super bien jouer, notamment à Phoenix, mais là, il a trouvé l’état d’esprit collectif qui lui convient. Il a un rendement incroyable, il est au bon endroit au bon moment, il est très efficace.»

«Il sera marqué à jamais par le titre perdu l’an dernier»

Sacré champion d’Europe avec l’équipe de France l’été dernier, Boris Diaw vit la deuxième partie de sa carrière comme une apothéose. «Le déclic pour lui, c’est la finale perdue l’an dernier contre Miami, estime Loïc Lepoutre, kiné du club des JSA Bordeaux, et qui connaît Diaw depuis de nombreuses années. Il a tellement voulu ce titre, il était à deux doigts de l’avoir… je suis persuadé que d’avoir une bague de champion, c’est son but ultime.» «Il sera marqué à jamais par ce titre perdu, abonde Michel, un de ses amis d’enfance qui va le voir au moins une fois par an aux Etats-Unis. Il l’a dit lui-même, maintenant, il doit vivre avec, c’est l’un des tournants de sa carrière.»

Acteur décisif de la qualification des Spurs en finale, «Babac» n’en reste pas moins un soldat au service du collectif. «Il ne sera jamais un Lebron James, poursuit Michel. Il nous a toujours dit que s’il devait être la solution à l’instant T, il le serait. Mais pour en avoir discuté avec lui, devenir la meilleure individualité dans un sport collectif, c’est antinomique.»

«Il est sur le terrain comme dans la vie»

Mais comment est-il arrivé jusqu’à ce niveau, après onze ans de basket presque sans relâche, ne coupant que deux semaines par été? «Il a une philosophie de vie qui transpire sur sa philosophie de jeu, analyse Bergeaud. Il a un esprit très fort guidé par des forces spirituelles qui le poussent. Ce sont ses ressorts à lui.» «Il faut savoir qu’en NBA, entre chaque match, c’est de la récupération, souligne aussi Lepoutre. Et il ne joue pas non plus 50 minutes par match. Le temps de jeu et son poste, à l’intérieur, sont deux raisons qui lui permettent de durer plus longtemps. Mais, il faut bien préciser que niveau professionnalisme, c’est du top-niveau.»

C’est aussi ça, Boris Diaw. Même s’il aime faire la fête avec les copains lorsqu’il rentre à Bordeaux et sur le Bassin d’Arcachon, il n’abuse pas. «Il a la tête sur les épaules et sait d’où il vient, insiste Michel. Certains joueurs sont mal entourés mais lui, je pense, sans prétention, qu’on l’entoure bien. Et il est sur le terrain comme dans la vie. Entier et sincère. Il incarne les valeurs de partage et de collectif.» A la veille d’un troisième grand rendez-vous en un an, «Babac» arrive armé plus fort que jamais. Prêt à reprendre les choses en main lorsque son tour viendra.