Mondial 2014: Chercheur, parieur, statisticien… Les «devins» livrent leurs prédictions

FOOTBALL Parce qu’on a tous envie de connaître les résultats à l’avance…

Antoine Maes
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Le trophée de la Coupe du monde de football, le 29 mai 2014, à Sao Paulo.
Le trophée de la Coupe du monde de football, le 29 mai 2014, à Sao Paulo. — Miguel Schincariol / AFP

Si vous êtes fans de sport et cinéphile, la scène vous a sûrement fait très envie. Dans Retour vers le Futur 2, Marty Mc Fly tente de se procurer un almanach des résultats sportifs pour parier à son retour dans le passé sur des matchs dont il connaît déjà le résultat. A moins de dix jours du match d’ouverture de la Coupe du monde, certains ont tenté de deviner les résultats de la compétition. 20 Minutes donnent la parole à ceux qui tentent -scientifiquement, intuitivement, statistiquement- de prédire les résultats du Mondial brésilien.

Nicolas Scelles, économiste du sport à l’Université de Stirling (Ecosse)

«L’idée est de voir les déterminants économiques et sportifs des scores». Mais Nicolas Scelles décline d’emblée «toute responsabilité en ce qui concerne d’éventuels paris». En vue de la Coupe du monde, le chercheur a développé avec Wladimir Andreff (Université Paris 1) plusieurs modèles de prédiction. Ils se sont basés sur les résultats des équipes sur la période août 2012-décembre 2013 qu’ils tentent d’expliquer par des critères sportifs mais aussi non-sportifs comme «l’impact de la population, des revenus et du climat». «On n’a aucune certitude que tout se reproduise à l’identique», regrette Nicolas Scelles. Ses travaux précédents l’avaient d’ailleurs déjà montré: «Dans le foot, le pourcentage du temps de jeu où il peut y avoir retournement de situation, est entre 85 et 90 %.» En clair, le football est le sport le plus imprévisible.

Son parcours pour la France: Elimination en 8e de finale contre l’Argentine.

Son vainqueur: Victoire du Brésil en finale contre l’Argentine.

Ses surprises: Eliminations des Pays-Bas et de l’Angleterre au premier tour.

Julien Mirabel, consultant en paris sportifs, ancien trader à la fdj

Si les paris sportifs étaient une science exacte, il y a longtemps que les bookmakers auraient mis la clé sous la porte. Après quatre ans à la Française des Jeux, Julien Mirabel a décidé d’aider les parieurs. Il en a d’ailleurs fait un livre, L’indispensable des paris sportifs (Hugo). «Les joueurs ne prennent en compte que les résultats purs ou le club de cœur, et c’est pour ça qu’ils perdent. Il faut prendre en compte les classements, la forme du moment, l’historique des face à face… C’est du bon sens, mais c’est du rappel», prévient-il. A vrai dire, la Coupe du monde n’est pas le meilleur moment se mettre aux paris. Conseil: éviter de combiner les matchs et ne parier jamais plus de 5 % de votre capital jeu.

Son parcours pour la France: Elimination en quart de finale contre l’Allemagne (0-2).

Son vainqueur: Brésil, vainqueur de l’Argentine (2-1).

Ses surprises: Elimination des Pays-Bas et de l’Italie au premier tour.

Opta, société spécialisée dans les statistiques dans le foot

En quelques années, Opta a fait son trou, au point d’avoir des comptes twitter parodiques. En mars dernier, ses équipes ont décidé d’utiliser leur immense base de données pour se livrer à la prédiction. La méthode? «Nos analystes ont créé un modèle qui valorise les forces de chaque équipe s’affrontant pour déterminer les probabilités de chaque résultat possible», explique Opta qui s’appuie sur tous les matchs internationaux depuis 2010. Pour pondérer ses prévisions, les statisticiens font remarquer que «près d’un tiers des compétitions ont été remportées par les pays hôtes» et que «depuis 1994, l’équipe championne du monde a systématiquement été l’une des deux meilleures défenses du tournoi». Les Bleus ont beau être favoris de leur groupe, ils ont tout de même 34 % de ne pas survivre à la phase de poule.

Leur parcours pour la France: Elimination en quart de finale contre l’Allemagne.

Leur vainqueur: Le Brésil contre l’Espagne.

Leurs surprises: Elimination de l’Italie en poule, pas d’équipe africaine en 8e de finale.