Roland-Garros 2014: Jusqu’où les jambes de Gaël Monfils pourront-elles le porter?
TENNIS•Le Français dispute son huitième de finale lundi…Romain Baheux
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
Que les fans de Gaël Monfils se rassurent, leur idole n’a pas trop tiré sur la corde pendant son jour de repos. Au programme de dimanche, une toute petite heure d’entraînement avec comme sparring-partner, un ado de 17 ans, Thomas Brechemier. Briefé, le jeune homme y est allé mollo avec «la Monf». «Il était fatigué après son gros match d’hier [samedi], raconte-t-il. On a juste tapé dans la balle, il voulait s’économiser.»
Il est loin le Monfils survolté, marathonien de Roland-Garros capable d’endurer cinq sets comme le sportif du dimanche trottine dans le parc du coin. Arrivé Porte d’Auteuil sans préparation ou presque à cause d’une blessure à la cheville droite, le Français serre les dents et apaise ses douleurs aux anti-inflammatoires. Suffisant pour le porter jusqu’en huitième de finale, où il défie l’Espagnol Guillermo Garcia Lopez lundi, mais a-t-il de quoi poursuivre sur sa lancée? «C’est compliqué de savoir où j’en suis. En Suisse, je m’entraînais tout seul, décrit l’intéressé. Je ne pouvais pas forcer sur la cheville alors un préparateur m’envoyait des consignes pour me dire de faire de la musculation en attendant. Du coup je me trouve un peu lourd sur le terrain.»
«Il n’a pas intérêt à faire durer les échanges éternellement»
Comme contre Fabio Fognini, Monfils va tenter de choisir ses moments pour frapper. Au troisième tour face à l’Italien, il n’a pas hésité à laisser filer un quatrième set afin de tout jeter dans l’ultime manche. «Il est dans la gestion, il sait qu’il lui manque du carburant pour aller au bout d’un match très difficile en cinq sets. Dans sa situation, il n’a pas intérêt à faire durer les échanges éternellement, explique Paul Quétin, préparateur physique de l’équipe de France de Coupe Davis. Je le trouve aussi moins exubérant que d’habitude quand il fête ses points. Pour moi, c’est le signe qu’il garde toute son énergie pour son match. En plus de cette bonne gestion, il a une très bonne capacité à tenir dans le temps. Ça peut l’aider.»
Lundi, le Français pourrait s’offrir une nouvelle rencontre marathon contre un spécialiste de la terre battue, tombeur de Stanislas Wawrinka au premier tour. De quoi tester de nouveau ses limites actuelles. «Il a des capacités physiques exceptionnelles mais il faut voir à quel point cette préparation l’a contrarié, craint Eric Winogradsky, son entraîneur durant quelques mois l’an dernier. Le rythme de la compétition ne se remplace pas. Après, il va jouer contre un adversaire qui a aussi fait cinq sets au match précédent. Aucun d’eux ne va arriver avec le réservoir plein sur le court.» Ça, il commence à avoir l’habitude.


















