Roland-Garros 2014: Comment joue-t-on avec une blessure?
TENNIS•Richard Gasquet entamera son tournoi mardi, diminué par une douleur au dos…Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
Comment va le dos de Richard Gasquet? A priori, pas beaucoup mieux que le genou de Benoît Paire, qui a tenu miraculeusement le choc ce lundi face à Alejandro Falla. Les deux hommes sont arrivés à Roland-Garros claudicant, pour jouer un tournoi qu’ils n’auraient jamais joué s’il avait eu lieu ailleurs. D’ailleurs, on n’a plus vu le numéro 1 français raquette en main dans les parages depuis qu’il a confirmé à demi-mot sa présence contre Tomic mardi. «Sur le service, je peux y aller à 50%, le reste ça va», racontait Gasquet samedi. Ca n’a pas dû beaucoup changé depuis.
«Quand tu connais la douleur, tu arrives à la gérer»
«Le plus compliqué pour lui, ça va être de se concentrer sur ce qu’il peut faire, pas sur ce qu’il ne peut pas faire, explique Gilles Simon, l’homme qui peut gagner des matchs en servant comme un junior à cause d’un torticolis. Quand on a une nouvelle douleur, c’est la panique, alors que quand la blessure s’installe, c’est plus facile. Une fois que tu connais la douleur, tu arrives à la gérer et à évoluer sur le court malgré tout.» La douleur, Paire vit avec depuis six mois. «Je suis passé par des moments très difficiles. Depuis le début d’année, il y a des jours avec, des jours sans. Le plus dur, c’est de sortir du terrain et de se dire qu’on ne pourra peut-être pas jouer le jour d’après.» Le 63e joueur mondial a bien essayé de faire comme si à Barcelone ou à Rome, mais à chaque fois, il a dû abandonner, vaincu par ce maudit tendon.
Gasquet, lui, a découvert la douleur le lendemain d’un match contre Anderson, logée entre deux nerfs trop enflammés pour continuer à jouer. C’était fin mars et depuis elle ne le lâche plus, malgré plusieurs infiltrations plus ou moins bien ciblées. «Si tu sais qu’elle peut s’aggraver, c’est impossible de gagner un match, confie Fernando Gonzalez, ancien top 10 aux genoux martyrisés par les changements d’appui incessants. Si tu sens que c’est une douleur chronique, c’est autre chose. Moi je m’échauffais longtemps, je mettais de la glace sur les articulations douloureuses, je prenais des anti-inflammatoires avant les rencontres si besoin… Après, ça dépend du seuil de tolérance de chacun.»
«Ca dépend du seuil de tolérance de chacun»
C’est bien là que se situe le nœud du problème pour Gasquet, qui plus qu’un autre, «a besoin de se sentir à 100% de ses moyens physiquement», concède son entraîneur Sébastien Grosjean dans L’Equipe. Est-il capable de se livrer sans craindre de rechuter? «Il le faut bien, raconte Simon. De toute façon, on doit jouer un match sur cinq dans l’année sans avoir mal quelque part.» «Je me rappelle justement d’un match contre Gasquet à l’Open d’Australie, précise Gonzalez. On était morts tous les deux au cinquième set. Moi, je ne pouvais plus prendre appui sur ma jambe droite, alors j’essayais de ne pas aller de ce côté du court, même si ce n’est pas toi qui décides où va la balle (rires).» Et décider de laisser son adversaire servir toute une rencontre, non plus, aux dernières nouvelles.


















