Le président de Colomiers ne savait «même pas que l’on pouvait parier sur un match de National»

FOOTBALL Ahmed Aït Ali réagit à l’affaire ciblant le match entre Fréjus-Saint-Raphaël et sa formation…

Nicolas Stival

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Illustration d'une cage de but sur un terrain de football.
Illustration d'une cage de but sur un terrain de football. — JAUBERT/SIPA

La rencontre de National Fréjus-Saint-Raphaël – Colomiers (1-4), vendredi, suscite les suspicions de l’Autorité de régulation des jeux en ligne. Ahmed Aït Ali, le président du club haut-garonnais, qui lutte pour son maintien, s’avoue très surpris.

Comment réagissez-vous à cette histoire?

Je l’ai lue ce matin dans L’Equipe. Je ne sais pas d’où vient cette rumeur. Mais si cela se confirme, c’est dommageable pour l’équipe de Fréjus. Si cela ne se confirme pas, peut-être que cela vient de Strasbourg pour déstabiliser l’équipe (Colomiers reçoit la formation alsacienne, également relégable, vendredi). Je ne savais même pas que l’on pouvait parier sur un match de National!

Le déroulement du match vous a-t-il surpris?

Je n’y étais pas, mais je l’ai suivi sur internet. J’ai vu des tweets de gens disant que Fréjus lâchait le match. Mais notre gardien a quand même fait quatre ou cinq arrêts de grande classe en deuxième mi-temps! Des matchs où l’on marque à chaque occasion, cela arrive. Je me souviens par exemple, lorsque j’étais entraîneur de Blagnac en CFA 2, d’une rencontre que l’on gagne 6-1 contre Mont-de-Marsan en 1999, en ayant eu six occasions! Et à l'époque, il n'y avait pas de paris.

Cette victoire vous relance dans la course au maintien.

On aurait dû se relancer depuis un moment. Contre le Paris FC (0-2, le 21 février), on doit mener 5-0 à la mi-temps. Mais peut-être que les joueurs avaient été achetés (ironique). On a encore l’espoir de se maintenir sportivement, après avoir battu Fréjus qui n’avait plus rien à jouer. A nous de gagner contre Strasbourg, dans une sorte de match de la mort, avant la dernière rencontre à Vannes.

La situation de Colomiers (16e) reste délicate.

Oui, mais j’y crois, sinon ce n’est pas la peine de jouer. Regardez le rugby. Qui aurait dit que le Stade Toulousain serait éliminé par le Racing-Métro? C’est ce qui fait la beauté du sport, même si nous avons le plus petit budget du National, avec 1,36 million d’euros.

L’entraîneur William Prunier va-t-il quitter son poste?

Oui. Nous ne renouvelons pas son contrat. Financièrement, nous ne sommes pas riches. Il faut qu’on tienne compte de cela. William a fait du bon travail sportivement, puisqu’il nous a fait monter en National avec un des plus petits budgets de CFA. Actuellement, nous travaillons sur deux options pour la saison prochaine: le National ou la CFA. On commence à recevoir des CV, des coups de fil.

Pendant ce temps, votre voisin Luzenac monte en L2

Et je félicite le club! Son parcours me rappelle un peu le nôtre la saison dernière en CFA. Nous visions le maintien et, avec l’état d’esprit du groupe, nous sommes montés. Il est d’ailleurs dommage que la LFP impose beaucoup de normes en L2. Quand on voit qu’elle n’accepte pas l’éclairage du stade Ernest-Wallon (où devrait évoluer Luzenac), alors que le Stade Toulousain est régulièrement diffusé par Canal +…