Gaël Fickou (au centre) et Iosefa Tekori dépités après la défaite du Stade Toulousain face au Racing-Métro (16-21), le 9 mai 2014 à Toulouse, en barrage du Top 14.
Gaël Fickou (au centre) et Iosefa Tekori dépités après la défaite du Stade Toulousain face au Racing-Métro (16-21), le 9 mai 2014 à Toulouse, en barrage du Top 14. — R. Gabalda / AFP

RUGBY

Top 14: La fin d’une époque pour le Stade Toulousain

Pour la première fois depuis 1993, le club le plus titré du rugby français, battu à domicile par le Racing-Métro, ne participera pas aux demi-finales du championnat…

Avec le temps, le phénomène semblait aussi naturel que la fonte des neiges ou le retour des hirondelles. Depuis vingt ans, le printemps était synonyme, au minimum, de demi-finales du championnat de France pour le Stade Toulousain. Jusqu’à ce vendredi, où l’un des nouveaux riches du Top 14 a fait tomber de son piédestal le roi Toulouse et ses 19 sacres, entre 1912 et 2012. Le Racing-Métro a créé une extraordinaire sensation en venant s’imposer au stade Ernest-Wallon, en barrage du Top 14 (16-21).

«Dans le vestiaire, tout le monde est énervé, a reconnu Yacouba Camara (19 ans). Mais le Racing a été meilleur que nous.» Avec l’autre néophyte Cyril Baille (20 ans), le jeune troisième ligne a été le seul joueur envoyé au front médiatique, pendant que les cadres ruminaient leur déception sous la douche.

L’emblématique manager général Guy Novès ne s’est pas défaussé. «Il y avait la place pour passer, mais on a quand même fait un petit match, reconnaît-il. Objectivement, c’était un petit Stade Toulousain. On ne peut pas prétendre jouer une demi-finale avec autant de lacunes. L’adversaire méritait de gagner, on lui souhaite le meilleur pour la suite.»

Blessures et sélections n’expliquent pas tout

Malgré un éphémère regain de forme en début de seconde période, symbolisé par un essai d’Hosea Gear (43e), l’ancien phare du rugby français a failli en conquête, le secteur sur lequel il a bâti ses succès. La mêlée stadiste, surtout, a été prise cinq fois à la faute. Auteur de tous les points de son équipe, l’ouvreur irlandais du Racing-Métro Jonathan Sexton a réussi les sept pénalités qu'il a tentées, pendant que les buteurs toulousains Jean-Marc Doussain et Luke McAlister «égaraient» neuf points.

Voici comment s’achève une saison au cours de laquelle Toulouse n’aura que très rarement donné sa pleine mesure. «Vingt ans en demi-finale et une année en quart, ce n’est pas dégueulasse non plus, objecte Novès. On finit quatrième de la phase régulière du Top 14. En Coupe d’Europe, on fait aussi un quart, après avoir remporté cinq matchs sur six dont une victoire aux Saracens (16-17 le 18 octobre 2013, chez le futur finaliste de la HCup). Mais à l’époque, on travaillait dans la continuité.»

Les blessures de cadres (Dusautoir, McAlister, Lamboley, Fritz) et les nombreux sélectionnés en Bleu, absents lors des fameux «doublons» championnat – matchs du XV de France, ont pénalisé Toulouse. Dans un Top 14 de plus en plus homogène, ces facteurs ne pardonnent plus. Mais ils n'expliquent qu'en partie les récurrents problèmes en touche comme en mêlée, ou le manque d'inspiration en attaque...

«Quand on gagne, on se remet en question, glisse Novès. Quand on perd, il en va de même.» Le week-end prochain, pour la première fois depuis 1993, le manager général stadiste, ses joueurs et leurs supporters regarderont les demi-finales du championnat de France à la télé.