Sébastien Chabal à la retraite: «Il partait de plus loin que les autres», raconte Olivier Milloud

Propos recueillis par Antoine Maes

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Sébastien Chabal, sans barbe et sans cheveux longs, en 2004, sous le maillot de Bourgoin.
Sébastien Chabal, sans barbe et sans cheveux longs, en 2004, sous le maillot de Bourgoin. — AFP PHOTO MARTIN BUREAU

C’était Sébastien avant Chabal. Bien avant de devenir la megastar du rugby français des années 2000, Sébastien Chabal, qui a annoncé sa retraite lundi, a fait ses premières armes chez les pros à Bourgoin. Olivier Milloud, 17 ans au club, l’a vu débarquer au CSBJ en 1998. Déjà impressionnant, mais pas encore avec la barbe qui va avec.

Comment était Sébastien Chabal à ses débuts en pro?

Déjà, il avait les cheveux courts, très courts même. Après physiquement c’était déjà une carcasse. Il était brut de décoffrage on va dire… Il avait beaucoup de boulot. Pour en arriver là où il est allé, il y a eu beaucoup de boulot, parce que ce n’était pas gagné. Je me rappelle de la première séance où je l'ai vu, c’était un footing. Enfin je ne l’ai pas vu longtemps! Il a vite explosé. Si je me souviens d’un choc avec lui? Il n’y a qu’à demander à Richard Dourthe, qui jouait arrière à Bègles à l’époque: il s’est fait enterrer sous les poteaux. Bon après à l’époque, nous à Bourgoin, on ne craignait pas grand-chose, mais c’est sûr qu’il valait mieux l’avoir avec vous que contre vous.

Humainement, il était comment?

Il n’a jamais trop changé. Il a toujours été bon vivant, déconneur… Nous, on le connaît d’une autre façon, parce qu’on a joué longtemps ensemble.

Vous vous attendiez à ce qu’il fasse cette carrière-là?

On voyait bien que physiquement c’était très costaud, que ça allait très vite, et qu’il était dur comme du chien. On savait que même quand il n’était pas prêt, s’il en chopait un ça ne faisait pas semblant. Mais il n’y a pas de secret. Je ne connais pas beaucoup de joueurs qui sont prêts sans travailler. On a tous besoin de bosser, et lui il partait peut-être de plus loin que certains qui jouaient depuis plus longtemps.

Il a parfois eu du mal à se faire accepter par les puristes… Vous le comprenez?

Chacun a ses opinions. Moi j’ai toujours trouvé qu’il n’avait pas un jeu économique. Trimballer un gaillard comme ça, c’est coûteux en énergie. Alors on a des petits coups de moins bien, c’est pareil pour tout le monde. Il suffit de regarder ses matchs pour se rendre compte que c’était quand même quelqu’un. Aujourd’hui, c’est un retour à tout ce qu’il a donné, donc c’est bien. Faire ce qu’il a fait, chapeau. Même quand il a été décrié, il a toujours fait ce qu’il fallait pour revenir. Il a une très, très belle carrière. Et puis je me rappelle avoir fait un tournoi du 1er mai, avec 2.000 gosses qui étaient là. On était invité tous les deux, mais lui c’était de la folie.