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Droits TV de Ligue 1: Que vont faire les clubs de l'argent?

Droits TV de Ligue 1: Que vont faire les clubs de l'argent?

FOOTBALLLe résultat de l’appel d’offres sera connu vendredi…
Romain Baheux

Romain Baheux

700? 750? 800? Comme pour un bibelot dans une braderie, chacun a son idée pour le prix des droits de diffusion de la Ligue 1 et de la Ligue 2 mais personne ne connaît encore le montant de l’addition. Vendredi, la Ligue de football professionnel (LFP) dévoilera les résultats de l’appel d’offres pour la période 2016-2020. Grâce à la concurrence entre Canal + et beIN Sports, la LFP devrait en tirer bien plus que les 607 millions d’euros annuels actuels. Mais que feraient les clubs de ce pactole?

L’impact sur les salaires. Les joueurs vont-ils être encore les grands gagnants d’une éventuelle hausse? Entre 1998 et 2008, le salaire moyen d’un footballeur de Ligue 1 a été multiplié par 2,5, boosté par les hausses des droits TV, portés à l’époque par la guerre entre Canal + et TPS. La concurrence entre la chaîne cryptée et beIN peut-elle avoir les mêmes effets sur leur bulletin de paie? «On est dans un contexte où les clubs français sont dans une situation financière compliquée, en dehors de Paris et Monaco, analyse Christophe Lepetit, économiste au centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Dans un premier temps, ils profiteront de cet argent pour avoir un équilibre budgétaire plus acceptable.» Au 30 juin 2013, les clubs professionnels de l’Hexagone affichaient un déficit global de 39,5 millions d’euros. La suppression du droit à l’image collective en 2010 et la mise en place de la taxe à 75 % ont changé la donne. «Il ne faudra pas tomber dans le piège, que nous avions connu, qui consiste à payer des joueurs moyens trop chers et à avoir des effectifs surchargés», annonce Jean-Pierre Louvel, président du syndicat des clubs professionnels.

Le changement de modèle économique. Plus de droits TV pour moins en dépendre? Avec 54 % de leurs revenus déjà liés à la redistribution de cette manne financière, les clubs de Ligue 1 pourraient en devenir encore plus tributaires en cas de hausse pour la période 2016-2020. L’occasion de modifier leur modèle économique? «L’éventuelle hausse des droits doit amener des investissements structurels, prévient Jean-Pierre Louvel. Cela doit permettre de faire évoluer nos budgets.» «En 2020, on ne sait pas si le marché des droits sera autant concurrentiel, poursuit Christophe Lepetit. Les clubs ne doivent pas s’endormir là-dessus et amorcer leur mutation.» En 2016, la Ligue 1 sortira d’un Euro organisé en France et des clubs comme Lyon ou Bordeaux bénéficieront d’un stade moderne pour s’assurer d’autres sources de revenus. «Le championnat français doit travailler sur le recrutement et la fidélisation de son public. Le produit doit devenir attractif par ses stades, son recrutement et les services offerts», estime Vincent Chaudel, expert sport au sein du cabinet Kurt Salmon.

L’impact sur la répartition des droits. La répartition du magot est connue mais peut-elle évoluer? Traditionnellement, la France est assez partageuse. La saison dernière, le club le moins bien doté de la Ligue 1, Troyes, a touché plus de 12 millions d’euros contre près de 48 millions pour l’OM, premier de ce classement. Bien mieux partagé qu’en Espagne, où le Barça et le Real Madrid négocient directement avec les diffuseurs et récoltent la moitié de la manne. En France, la tentation de changer le système existe. «Il faut garder cette solidarité car elle est indispensable mais il faut aussi donner de l’ampleur et une vitrine à notre championnat, insiste Jean-Pierre Louvel. Les «petits» clubs vivent parce qu’il y a des clubs de plus haut standing qui amènent des stars. Il faut trouver un équilibre, on devra engager une discussion sur le sujet si les montants sont suffisants.» «On est encore loin de basculer dans un modèle aussi déséquilibré qu’en Espagne et ça n’est pas souhaitable, souligne Christophe Lepetit. L’Angleterre est le championnat où l’écart est le plus faible entre celui qui perçoit le plus et celui qui perçoit le moins et c’est le championnat le mieux valorisé.»