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Japon: Un match à huis clos pour la première fois après une banderole raciste

Japon: Un match à huis clos pour la première fois après une banderole raciste

FOOTBALLDes supporters des Red Diamonds d’Urawa avaient déroulé une banderole «Japanese Only» à l’entrée des tribunes il y a deux semaines…
Mathias Cena

Mathias Cena

Pour la première fois de l’histoire de la ligue de football japonaise, un match se joue à huis clos ce dimanche. La rencontre entre les Red Diamonds d’Urawa et le Shimizu S-Pulse se déroulera au stade de Saitama devant 63.700 sièges vides. C’est la sanction imposée par le président de l’instance nipponne aux Red Diamonds d’Urawa, l’équipe la plus populaire de la ligue, dont les supporters ont déroulé une banderole xénophobe le 8 mars.

La nouvelle avait très vite circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias, japonais et étrangers. Sur cette banderole, accrochée à l’entrée des tribunes et donc invisible depuis le stade, on pouvait lire en anglais «Japanese only» («réservé aux japonais»), sans qu’on sache très bien dans un premier temps à qui était destinée l’invective, la ligue ne manquant pas d’étrangers, à commencer par le coach brésilien des Red Diamonds ou leur nouvel attaquant Tadanari Lee, de nationalité japonaise mais d’origine coréenne.

«Si des étrangers étaient rentrés sur cette terre sacrée, ils n’auraient pas pu les contrôler»

«Les supporters voyaient cette zone située derrière le but comme leur terre sacrée, et il ne voulait pas que quelqu’un d’autre y pénètre, avait finalement expliqué le président du club d’Urawa, Keizo Fuchita, dans une tentative de clarification. Si des étrangers y était rentrés, ils n’auraient pas pu les contrôler, et ça ne leur plait pas.» Intolérable pour Mitsuru Murai, le nouveau président de la J-League qui a pris ses fonctions en janvier: «L'impact social a été plus sérieux que personne ne l'aurait imaginé, et il est clair que cela a nui fortement à l'image de marque du Championnat du Japon et de l'ensemble du football japonais», a-t-il déploré.

Les Red Diamonds, pour qui le manque à gagner financier de cette rencontre à huis clos est estimé à 1,3 millions de dollars (950.000 euros), paient aussi le passif de leurs supporters, déjà sanctionnés pour une bagarre générale avec les supporters d’Osaka en 2008 et des insultes lancées aux joueurs étrangers du Vegalta Sendai en 2010.

Afshin Ghotbi, l’entraîneur iranien du Shimizu S-Pulse, que les Red Diamonds doivent affronter ce dimanche, déplore l’incident: «Cette banderole est insultante et triste pour n’importe quel groupe d’humains n’importe où dans le monde, déclare-t-il au quotidien Japan Times. J’ai vécu dans beaucoup de pays et où que vous alliez il y a de l’ignorance, mais mon sentiment est que en temps qu’être humains nous devons faire tout notre possible pour éduquer tout le monde.» Mais Ghotbi y voit aussi une opportunité pour le football japonais: « Au Japon, je suis relativement à l’aise en temps qu’entraîneur. Je pense qu’il s’agit probablement d’une toute petite minorité, et cette affaire nous donne l’occasion de dire non au racisme.»