Pour un footballeur pro, l'arrivée d'un bébé, ça change quoi?

FOOTBALL Accueillir un nouveau né n'est pas facile à gérer pour les sportifs de haut niveau...

David Phelippeau

— 

L'attaquant nantais Serge Gakpé.
L'attaquant nantais Serge Gakpé. — F. Elsner / 20 Minutes

Eux non plus, ils n’échappent pas aux courtes nuits, jalonnées de pleurs et biberons. Les sportifs de haut niveau deviennent un jour des pères de famille comme les autres. Avec les avantages et les inconvénients. Vendredi, on a appris que Serge Gakpé, l’attaquant nantais, n’était pas du déplacement à Annecy pour y affronter Evian car il était très fatigué. Un coup de pompe en partie dû au rythme compliqué imposé la nuit par son tout jeune fils.

Un problème récurrent dans les clubs

«C’est un vrai problème, répète à plusieurs reprises Stéphane Wiertelak, le préparateur physique du FC Nantes. Il faut vraiment que les familles s’organisent au mieux.» Pour éviter les gros coups de fatigue et du coup les blessures. Les mises au vert très fréquentes pour les clubs de football permettent de régler ce souci la veille des matchs. L’ex handballeur nantais, aujourd’hui à Billère (D2), Jérémy Vergely n’a pas oublié la période post-naissance de son troisième enfant. «Pour qu’elle dorme, il fallait qu’on branche un aspirateur pendant au moins une heure et demie dans le couloir. C’était lourd!» Les insomnies se sont multipliées. Ennuyeux pour un homme dont l’emploi repose sur une forte activité physique.

Bessat fait chambre à part

«J’avais l’impression d’être un fantôme à l’entraînement, poursuit Vergely. Sur le terrain, je n’avais pas le même rendement, j’avais des remarques du coach et j’étais irrité.»

Le milieu de terrain du FCN Vincent Bessat avait mis au point une organisation pas vraiment équitable pour qu’il n’y ait pas trop de répercussions sur sa vie de footballeur à la naissance de son bébé. «Moi, je dormais en haut et ma femme en bas avec la petite lors du premier mois.» Heureusement pour la maman, «la petite a fait ses nuits très vite», selon Bessat.

Audel a eu pitié de sa femme

À l’arrivée de sa première fille, l’attaquant du FC Nantes Johan Audel avait lui aussi échafaudé un plan pour s’éviter un surplus de fatigue, synonyme pour un footballeur de mise en danger de son outil de travail. «Ma femme s’occupait de tout toute la nuit jusqu’au jour où elle m’a fait de la peine car elle était exténuée, raconte-t-il. J’ai donc donné des biberons pour la soulager.» 

Un solution qui n'a pas vraiment les faveurs de Michel Der Zakarian, l’entraîneur du FC Nantes, tenant de la vieille école: «Il faut savoir s'aménager du temps de repos quand on est pro.»