Pour Gwendal Peizerat, la Fédération des sports de glace «est exsangue»

SPORTS DE GLACE L’ancien champion olympique de danse sur glace pose un regard sans concession sur la Fédération française des sports de glace…

Stephane Marteau

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Gwendal Peizerat
Gwendal Peizerat — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Champion olympique de danse sur glace en 2002, Gwendal Peizerat déplore la gestion de la Fédération française des sports de glace qui n’a ramené aucune médaille des Jeux de Sotchi. Au point d’envisager de s’y investir.

Quel regard portez-vous sur la performance des patineurs français aux Jeux de Sotchi?

Ce n’est pas seulement la performance des patineurs qu’il faut regarder, mais celle de l’ensemble des sports de glace qui n’ont ramené aucune médaille alors que la fédération de ski en comptabilise quinze. Cette dernière a su se renouveler avec un président, Michel Vion, qui est hyper dynamique. A contrario, nous avons une Fédération des sports de glace qui montre un visage exsangue et une difficulté à avoir un encadrement de qualité. C’est comme ça qu’on se retrouve avec un entraîneur français de patinage de vitesse [Sébastien Gros] qui a remporté deux médailles avec la Russie.

A qui incombe la responsabilité de cet échec?

Au président Didier Gailhaguet et à la politique qu’il mène (lire ci-dessous).

Que préconisez-vous?

Il doit y avoir une prise de conscience des présidents de clubs qui ne se rendent peut-être pas compte, au moment des élections, de la portée de leurs choix. Didier Gailhaguet a donné la sensation de s’investir beaucoup dans cette fédération. Mais il apparaît aujourd’hui que c’était davantage un investissement dicté par une ambition personnelle de se retrouver à la fédération internationale de patinage. Le sport français est associatif.  L’idée, c’est de s’enraciner dans le local en valorisant les clubs formateurs.

Envisagez-vous de briguer en juin la succession de Didier Gailhaguet?

Je fais partie de ceux qui y réfléchissent. Aujourd’hui, nous sommes plusieurs à prendre conscience qu’il faut un changement et proposer une alternative crédible à Didier Gailhaguet, qui a découragé les gens de qualité qui voulaient s’investir dans notre sport. Champion olympique de danse sur glace en 2002, Gwendal Peizerat déplore la gestion de la fédération française des sports de glace qui n’a ramené aucune médaille des Jeux de Sotchi. Au point d’envisager de s’y investir.

 

Qu’avez-vous pensé de la polémique autour des commentaires des JO de Sotchi par les équipes de France Télévision et notamment ceux de votre ancien partenaire en équipe de France, Philippe Candeloro?

 

C’est la politique d’une chaîne qui a souhaité divertir son public. Philippe a fait le travail qu’on lui a demandé et dans lequel il a été encouragé. Comme l’a dit Daniel Bilalian, ce qui les intéresse, c’est l’audience. S’ils en ont fait, c’est dommage pour les sports concernés car on pourrait éduquer le public à regarder ces disciplines d’une manière différente. Pour moi, la meilleure façon de valoriser une discipline comme le patinage, c’est de se taire. C’est comme si à l’opéra il y avait quelqu’un qui parle durant toute la partie chantée. C’est inimaginable.

Gailhaguet assume
«J’ai manqué de vigilance. On a commis des erreurs, je les assumerai, seul», a assuré Didier Gailhaguet le 22 février. Contacté par 20 Minutes ce lundi, il n’était pas joignable.