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Sotchi 2014: Pierre Vaultier, du lit d’hôpital à l’or olympique

Sotchi 2014: Pierre Vaultier, du lit d’hôpital à l’or olympique

SNOWBOARDCROSSEn deux mois, le Français est passé par tous les états pour décrocher le le titre olympique…
Romain Scotto

Romain Scotto

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),

Il faut que ses potes de l’équipe de France lui tapent sur le torse, sur le casque, comme des dératés, pour lui faire réaliser son exploit. Dans l’aire d’arrivée, Pierre Vaultier enlève son masque, se prend la tête dans les mains, fixe l’écran géant des résultats et répète une bonne dizaine de fois qu’il «n’y croit pas». Le champion de snowboardcross vient pourtant d’enchaîner quatre courses parfaites à Rosa Khutor pour décrocher le titre olympique le plus improbable du clan français. Car il y a encore deux mois, le «rider» était alité, après une grave blessure au genou qui aurait dû mettre fin à ses rêves de médaille.

«Ce titre vient d’une autre planète, s’emballe Nicolas Conte, le coach des Bleus. C’est incroyable. Je hurle depuis un mois contre l’adversité, les gens qui n’ont pas cru à notre pari.» Le pari un peu fou de ne pas opérer Vaultier d’une rupture du ligament croisé du genou droit, sa seule chance de le voir aux Jeux au prix d’un énorme travail de rééducation. Avec son préparateur physique le snowboarder a travaillé d’arrache pied au centre de Hauteville pour renforcer ses muscles et offrir à son genou un minimum de stabilité. Un travail de réathlétisation express que seul un sportif de très haut niveau peut effectuer. «On y croit toujours avec des athlètes comme ça», salue Guillaume Grivelle, le préparateur en pleurs, qui travaillait avec Tsonga avant Vaultier.

Ramoin : «Sa blessure a été sa force»

Après sa blessure survenue le 21 décembre en Coupe du monde, «sa rupture du ligament n’était pas habituelle, indique le médecin de l’équipe de France. Pierre ne fait rien comme les autres. Et bien là, son genou aussi. Il a cicatrisé plus vite.» En début d'année, le «Falcao des neiges» ne se donnait que 70% de chances d’être aux Jeux. Soutenu par une atèle articulaire, il a pourtant tenté le pari olympique sans même penser à un podium.

«Mais Pierre, c’est une machine de rigueur, embraye Paul-Henri De Le Rue, 4e de la finale. En début de saison, il nous défonçait sur tous les entraînements. Et je ne le donnais pas gagnant parce qu’il est toujours stressé sur les gros événements.» Mardi, Vaultier a bien stressé, mais pas plus que sur une banale Coupe du monde. En se focalisant sur son genou et en étrennant pour une fois un statut d’outsider, il est parvenu à décrocher la médaille qui l’avait fui à Vancouver. «Sa blessure a été sa force. Il n’était pas du tout comme aux derniers Jeux, poursuit Tony Ramoin, bronzé il y a quatre ans. Là, il a zappé le côté olympique car il devait préserver son corps.» Cette fois, Vaultier a non seulement réalisé qu’il était aux Jeux. Mais il va même pouvoir en profiter.