Sotchi 2014: «L’idée d’abandonner ne m’a pas traversé l’esprit», assure Jason Lamy-Chappuis

COMBINE NORDIQUE A la dérive lors de la course de fond, mercredi, le champion olympique du combiné est malgré tout allé au bout de l’épreuve…

Romain Scotto

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Le Français Jason Lamy-Chappuis, lors du concours de saut du combiné nordique des Jeux olympiques de Sotchi, le 12 février 2014.
Le Français Jason Lamy-Chappuis, lors du concours de saut du combiné nordique des Jeux olympiques de Sotchi, le 12 février 2014. — JOHN MACDOUGALL / AFP

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),

Il aurait pu tout envoyer valdinguer. Les skis, les bâtons, le cache-oreille. Mais c’est mal connaître Jason Lamy-Chappuis, porte-drapeau exemplaire de la délégation française. En lice pour défendre son titre du combiné, le Français était en perdition sur les skis. Un mauvais choix de structure de ski pourrait en être la cause. 35e à l’arrivée à plus de deux minutes du vainqueur, JLC a pourtant refusé d’abandonner. Par respect pour l’événement.

Quel sentiment domine après cette contre-performance?

Une grosse déception parce que franchement, ça ne reflète pas ce que je vaux. Et de l’incompréhension. Il y a encore quinze jours, en Coupe du monde, je mets 1’30 à des gars qui me doublent aujourd’hui. Donc c’est vraiment frustrant de faire une bonne saison en ski et de se retrouver aux JO comme ça. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Si c’est la structure (des skis), le fart, le ski. Les jambes étaient clairement moins bonnes, mais pas de là à prendre 2 minutes.

La pression a-t-elle joué?

Je ne pense pas. Mes collègues ont fait la cérémonie d’ouverture aussi. Il y a eu quatre jours pour digérer. On a fait de bons chronos d’entraînement. Il m’est déjà arrivé de me retrouver dans cette situation. Notamment à Oslo en 2011. J’étais 20e et puis derrière, je gagne le grand tremplin. Ce sont des choses à oublier.

A quoi pensiez vous pendant la course?

C’était difficile d’être à fond, de tout donner et de se faire doubler à droite à gauche par des gars qui n’ont pas ton niveau. C’était vraiment difficile de terminer. J’ai senti que ça ne glissait pas. A la fin du premier tour. J’avais du mal à me replacer, tenir mon rang. Quand tu n’es pas aux avant-postes, tu fais le yo-yo, c’est plus difficile. C’est de la lutte. Mes collègues avaient l’air d’avoir une bonne glisse. On va voir avec les techniciens. Débriefer.

Avez-vous pensé à abandonner?

Non, jamais. On se dit que c’est les JO. On n’a pas le droit d’abandonner. Ça ne m’a pas du tout traversé l’esprit. Il faut tout donner jusqu’au bout pour ne rien regretter. Ça ne rime à rien de mettre le clignotant. On s’est entraîné quatre ans pour ça.