VIDEO. Sotchi 2014: Shaun White va-t-il tenter le triple cork, la figure ultime du half-pipe?

JEUX OLYMPIQUES L’Américain vise un troisième titre olympique avec un programme inédit…

Julien Laloye

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Shaun White, le 9 février 2014 à Sotchi.
Shaun White, le 9 février 2014 à Sotchi. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Sotchi,

Son forfait en slopestyle, en ouverture des Jeux, a fait grogner la populace. Surtout vu le mot d’absence. «La piste est trop intimidante, je préfère me préserver pour le half-pipe» s’était défendu Shaun White, légende vivante du snowboard, soi-disant touché au poignet gauche lors d’une chute à l’entraînement. Le rouquin le plus connu de la planète après Bree Van de Kamp serait-il devenu un gros froussard avec l’âge? «Non, il a déjà fait l’impasse sur les X Games pour préparer Sotchi, il n’allait pas tout gâcher pour le slopestyle», tranche le rider français Arthur Longo. «Flying tomato» peut en effet devenir le premier américain à remporter un troisième titre olympique de rang à des JO d’hiver.

Une figure jamais réalisée en compétition

Ça se prend, mais pas n’importe comment. Ça se prend avec un triple cork, la figure ultime du half-pipe. Tellement ultime que personne ne l’a jamais réussie. Trois rotations désaxées – sur le côté- et quatre tours complets -tête en bas- dans le même saut. White, dix coudées au-dessus de la concurrence, s’y casse les dents depuis un bail. Sa vidéo promotionnelle «Russia calling» se termine d’ailleurs par une tentative ratée et une chute sur le dos à vous briser les vertèbres rien qu’en le regardant. Le passera-t-il en finale olympique? L’histoire est presque déjà écrite. Presque. «Franchement, je ne sais pas, hésite Longo. Je pense qu’il ne fera pas le triple avant d’être sûr d’avoir la médaille. Ou alors faut voir s’il a tué la finale au premier run. Le truc, c’est qu’il en pas besoin pour gagner.»


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Ce ne sera donc rien de plus qu’une question de panache. «Moi je pense qu’il l’a déjà réussi à l’entraînement et qu’il ne l’a dit à personne, avance Johann Baisamy, lui aussi engagé en half-pipe. Il peut l’avoir gardé pour la finale des JO». Le souci avec Shaun White, c’est que c’est dur de se faire une idée. L’Américain s’est pointé deux fois à l’entraînement pour reconnaître le pipe de Rosa Khutor, et puis rideau. «De toute façon, avec lui on a l’habitude, confirme Baisamy. Quand on a trois jours d’entraînement, on sait qu’il va débarquer le matin de la compète et faire ses deux runs sans parler à personne.»

«J’essaie de casser une barrière dans ma tête»

Discret le Shaun. D’aucuns diraient arrogant. Depuis le temps, notre rouquin préféré s’est fait à sa réputation. Seul importe le résultat. «Cette figure, c’est moi en train d’essayer de casser une barrière dans ma propre tête. Si vous me voyez gagner l’or en faisant deux figures basiques et que je vous dis «wahou c’est cool», vous ne sauriez pas que j’ai essayé ce truc à côté.» On ne demande qu’à voir.