Régis de Camaret rejugé en appel ce lundi pour des viols

JUSTICE L'entraîneur de tennis, en prison le viol de deux anciennes joueuses mineures de son club de Saint-Tropez, sera confronté à celles qui se disent ses victimes...

avec AFP

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L'ancien entraîneur de tennis Régis de Camaret, condamné en novembre dernier à huit ans de prison pour viols, a demandé vendredi sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.
L'ancien entraîneur de tennis Régis de Camaret, condamné en novembre dernier à huit ans de prison pour viols, a demandé vendredi sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. — Jeff Pachoud afp.com

L'entraîneur de tennis Régis de Camaret, en prison pour le viol de deux anciennes joueuses mineures de son club de Saint-Tropez, est rejugé en appel à partir de lundi devant une cour d'assises à Draguignan, avec une nouvelle confrontation douloureuse avec ses victimes.

Régis de Camaret, 71 ans, avait été condamné en novembre 2012 devant la cour d'assises de Lyon à huit ans de prison pour ces viols commis plus de vingt ans plus tôt, en restant de marbre pendant un procès très médiatisé.

Condamné à huit ans de prison en novembre 2012

Seules deux femmes de 37 ans, Stéphanie Carrouget et Karine Pomares, sont parties civiles devant la cour d'appel de Draguignan (Var).

Vingt-six autres anciennes stagiaires de tennis, de différentes générations, retrouvées par les enquêteurs, avaient témoigné à Lyon de leurs profonds traumatismes après avoir subi à l'adolescence des viols ou des agressions sexuelles d'un entraîneur exerçant sur elles une forte emprise morale.

«Elles reviennent toutes témoigner», dit avec admiration Isabelle Colombani, avocate de Stéphanie Carrouget. Mais elle confie que «les deux parties civiles n'en peuvent plus».

«Ça fait huit ans de procédure, elles n'arrivent pas à tourner la page. Le premier procès les a aidées pendant 48 heures. Mais dès lors qu'il a fait appel, elles sont retombées en dépression. Elles sont toutes deux suivies par un psychologue», précise l'avocate.

Les deux femmes parties civiles «sont retombées en dépression» quand il a fait appel

«Stéphanie avait été violée par Régis de Camaret à 13 ans. Ca a duré une année. Auparavant, elle avait subi des agressions sexuelles de la part de son beau-père dans le milieu familial», raconte son avocate. Le centre de tennis avait été une échappatoire de courte durée.

Le procès en appel à Draguignan, l'idée de reparler publiquement devant une cour, l'ont replongée dans la détresse. «Camaret vous regarde droit dans les yeux, la victime c'est lui...», décrit Me Colombani.

Lors du procès devant la cour d'assises de Lyon, Régis de Camaret avait qualifié de «mensonges monstrueux» les accusations de toutes les anciennes joueuses, qui s'étaient manifestées après le dépôt de plainte d'Isabelle Demongeot. Il avait seulement concédé «des attouchements» sur Stéphanie Carrouget.

L'ancienne numéro 1 française Nathalie Tauziat, qui soutient son ex-entraîneur, reviendra également témoigner en appel. Après le procès, elle avait été vivement critiquée par la Fédération française de tennis.