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XV de France: Pourquoi les entraîneurs ne bluffent pas sur les compositions d’équipe

XV de France: Pourquoi les entraîneurs ne bluffent pas sur les compositions d’équipe

RUGBYPhilippe Saint-André annoncera ses titulaires pour l’Angleterre jeudi matin…
Julien Laloye

Julien Laloye

Sur bien des aspects, Marcoussis a son petit côté Clairefontaine. C’est loin de tout, et on n’y accède qu’à dos de mulet. En revanche, le centre d’entraînement de l’équipe de France de rugby a ça pour lui : pas besoin de prévoir une paire de jumelles et un impair pour jouer au jeu des chasubles, plus connu sous le nom de «Qui qui jouera samedi ? » A Marcoussis, la composition du XV de départ ne donne lieu à aucune cachotterie. C’est le jeudi matin vers 9h, et tant pis pour les retardataires.

«Les joueurs ont envie de savoir avec qui ils vont aller au combat»

«Je crois qu’on a toujours fait ça, tente de se remémorer Pierre Villepreux, ancien co-sélectionneur du XV de France. Je ne sais pas si c’est un particularisme, mais les entraîneurs et les joueurs sont habitués à fonctionner ainsi.» Cela tombe bien, puisque c’est l’IRB, ordonnateur suprême du jeu, qui a fixé la règle : les quinze titulaires et les sept remplaçants doivent êtres communiqués 72h avant le match sous peine d’amende, même chose en championnat. Seule une blessure justifiée médicalement peut changer la donne. «Ca rassure tout le monde, les joueurs ont besoin de savoir avec qui ils vont aller au combat le samedi, défend Villepreux. Et puis il y a des automatismes à acquérir, on ne va pas s’amuser à faire des équipes mixtes pour tromper l’adversaire.»

Après un petit tour rapide des usages en top 14, on ne voit qu’un entraîneur adepte du coup de bluff. Guy Novès, le manageur toulousain. Son coup le plus fameux ? Changer trois joueurs juste avant la finale face à Toulon en 2012, en avançant une migraine pour mettre Mc Alister à la place de Beauxis. Ou alors annoncer Elissalde blessé toute la semaine avant de le titulariser au dernier moment contre Clermont en 2008, toujours en finale : «Vous êtes sûr qu’il ne l’a fait que deux fois ? rigole Serge Milhas, co-entraîneur de Castres. Ce n’est pas mon truc. Si ça ne tenait qu’à moi, j’annoncerais mon groupe encore plus tôt.»

Proposer une autre combinaison plutôt qu’un autre joueur

Parce que le contraire ne fait pas trop «valeur de l’ovalie» ? «Non, c’est juste que ça ne sert pas à grand-chose de bluffer sur un joueur reprend Milhas. L’organisation restera de toute façon la même. Notre marge de manœuvre sur la stratégie, elle se trouve plus dans le système de jeu. Par exemple sortir une combinaison jamais vue en match. C’est plus facile à travailler pendant la semaine.» Et plus difficile à décrypter pour les observateurs à jumelles.