Sotchi 2014: Le pari fou de Pierre Vaultier, le «Falcao des neiges»

SNOWBOARDCROSS Blessé au genou, le Français a refusé de se faire opérer pour pouvoir participer aux Jeux, dans trois semaines…

Romain Scotto

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Pierre Vaultier a remporté la Coupe du monde de snowboardcross pour la troisième fois de sa carrière, au terme de l'avant dernière épreuve de la saison mercredi à Valmalenco en Italie, mais le Français s'est blessé à une cheville et a dû abandonner en demi-finales.
Pierre Vaultier a remporté la Coupe du monde de snowboardcross pour la troisième fois de sa carrière, au terme de l'avant dernière épreuve de la saison mercredi à Valmalenco en Italie, mais le Français s'est blessé à une cheville et a dû abandonner en demi-finales. — Doug Pensinger afp.com

Il n’a pas tâté la neige ni même enfilé ses boots depuis un mois et huit jours. Cloitré en salle de rééducation à cause d’un genou blessé, Pierre Vaultier n’a pourtant pas enterré ses rêves de JO, le 17 février dans l’épreuve de snowboardcross. Une course contre-la-montre un peu folle vu la gravité du mal dont il souffre. Le 21 décembre dernier, lors de l'étape de Coupe du Monde de Lake Louise, le Français s’est rompu le ligament croisé antérieur du genou droit. La même blessure que Falcao, sauf que le spécialiste de la glisse tente le coup de poker médical de l’année.

«Quelque part, c’est vrai que mon histoire se rapproche de la sienne. Mais moi, j’ai choisi de ne pas me faire opérer.» Sa seule chance d’être sur pied à Sotchi. «ll reste toujours quelques fibres du ligament, explique Jean-Marcel Ferret, ancien médecin de l’équipe de France de football, habitué à ce genre de blessures. Tout le problème est de savoir si les fibres restantes sont suffisantes pour maintenir la stabilité du genou ou pas.»

Un genou stabilisé par les muscles

Sans la perspective des Jeux, Vaultier serait passé sur le billard sans réfléchir dans la foulée. «Mais ça valait le coup de tenter. Je mets toute mon énergie dans cette rééducation.» Depuis un mois, il s'astreint à un intense travail de rééducation, de renforcement musculaire et de massage dans un centre spécialisé de Hauteville, dans l’Ain. «Ce n’est plus mon ligament qui assure la stabilité du genou, mais plutôt les muscles des cuisses. On peut partir du principe que je n’ai plus de ligament croisé antérieur.»

Malgré ses efforts, le snowboarder n’est pas certain d’être d’aplomb le jour J puisqu’il se donne 70% de chances d’être à Sotchi. La semaine prochaine à Val Thorens, il en saura un peu plus lors d’un stage marquant son retour sur les pistes. En tentant ce come-back improbable, le triple vainqueur de la Coupe du monde sait aussi qu’il prend un énorme risque en cas de nouvelle chute sur son genou droit. A croire que les Jeux en valent la chandelle.