Open d’Australie: Mais qui est vraiment Stéphane Robert, le lucky-loser qui enflamme Melbourne?

Antoine Maes

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Stépahne Robert lors de l'Open d'Australie, le 14 janvier 2014, à Melbourne.
Stépahne Robert lors de l'Open d'Australie, le 14 janvier 2014, à Melbourne. — PAUL CROCK / AFP

«On s’attendait pas à ce qu’il fasse de grand résultat, donc je me suis dit que ce serait pour la prochaine fois. Et finalement c’est LE moment». Mauvais timing pour Sébastien Rives. Alors que Stéphane Robert, son meilleur pote, affrontera Andy Murray lundi en 8e de finale de l’Open d’Australie, lui a décidé de rester en France. Coach de tennis, sans être celui du héros de Melbourne, le lucky-loser sorti des qualifications, il fait le tri entre la légende et la réalité au sujet de son témoin de mariage. Interview.

Pourquoi perce-t-il si tard?

Je pense que maintenant, il est totalement détaché, depuis qu’il a fait son coup contre Berdych à Roland (en 2011, il avait sorti le Tchèque, alors 6e mondial). Avant c’était un gars qui avait vraiment peur de jouer sur les grands courts. Comme il le dit à chaque fois «moi j’aime bien jouer à l’abri des regards.» Il aime faire le spectacle sur les petits courts avec deux ou trois potes qui le regardent, et pas s’afficher devant tout le monde.

Il dormirait dans des auberges de jeunesse, lirait Dostoïevski… La légende est vraie?

Oui, c’est un gars hyper simple. C’est exactement lui: quelqu’un de très généreux, hyper cultivé, très sympa. Les auberges de jeunesse? Il l’a peut être fait une fois, mais il ne fait pas que ça non plus.  Là, il dort dans un hôtel convenable, il n’est pas sous une tente Quechua.

Comment peut-on être joueur pro et redouter les gros matchs sur les grands courts?

Quand ça se passe mal, ça peut vite tourner au cauchemar. Sur le Central à Melbourne, tu prends 4-0 double-break ou des trucs comme ça face à Murray, bon, tu te dis «putain  j’espère que je ne vais pas prendre trois ballons et rentrer ». Mais quand ça se passe bien et que tu joues un tennis de dingue, c’est un moment super. Voilà, il faut que ça se passe bien, mais il est décontracté, il a envie de jouer.

Lui qui aime rester dans son coin, il vit bien sa nouvelle médiatisation?

C’est plus facile de garder la tête froide en Australie qu’à Roland-Garros. A Roland, c’était pas facile. Il a eu une exposition médiatique d’un coup. Il a fait le choix d’en profiter, il a fait tous les plateaux télé, les interviews…  ça lui a pompé pas mal de jus. Et au match suivant contre Fognini, mentalement, il était totalement mort, il était cuit. C’est la rançon du succès.

A quoi ressemble Stéphane Robert le joueur de tennis?

Son coup fort c’est le revers long de ligne, qui est incroyable. Ensuite, il est déstabilisant, il joue toujours le coup auquel l’adversaire s’attend pas. C’est un mec qui va faire un retour amorti sur un premier service. Il est très intelligent, il ne va pas faire que coller des ogives en posant le cerveau.

Il parait que le prize-money de Melbourne (100.000 euros) va lui permettre de boucler son année, c’est vrai?

Non… Il a eu des moments comme ça, mais là ça va. Tous les joueurs en ont eu. Quand tu redescends un peu au classement, il y en a. Mais il n’aura pas de souci cette année, ça va aller.

Est-ce qu’il a toujours sa casquette élimée porte-bonheur avec lui?

Oui, mais il ne l’a pas emmené à l’Open d’Australie. Il en a deux ou trois neuves.

Plus de peur des grands courts, plus de superstition… Il vient d’où le changement chez lui?

Il a fallu qu’il soit sérieux pour mon mariage peut-être (rire). On l’a vu en costard, et Stéphane Robert en costard, c’est rare!