VIDEO. Open d’Australie: Comment lutter contre la canicule de Melbourne

Romain Scotto

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La joueuse de tennis Caroline Wozniacki, le 14 janvier 2014, lors de l'Open d'Australie, à Melbourne.
La joueuse de tennis Caroline Wozniacki, le 14 janvier 2014, lors de l'Open d'Australie, à Melbourne. — GREG WOOD / AFP

Comme Dupont et Dupond dans Tintin au pays de l’or noir, certains joueurs ont été pris de vertiges et malaises à Melbourne ces derniers jours. Sous une chaleur de 43°C, le Canadien Dancevic est tombé comme une mouche en plein match. Idem pour un ramasseur de balles, victime de déshydratation. Dans ces conditions, jouer un match de tennis n’est donc pas si simple. Frédéric Compagnon, médecin en chef sur le Marathon des Sables, livre quelques conseils pour survivre dans cette fournaise.

Peut-on s’y préparer? La question de l’acclimatation est effectivement capitale. Ceux qui sont arrivés à Melbourne depuis plusieurs jours, voire quelques semaines pour les tournois préparatoires, sont mieux préparés à ces conditions extrêmes. «Même si on est un très bel athlète, il faut être acclimaté progressivement», indique le docteur Compagnon. Avant les rencontres, mieux vaut aussi ne pas passer brutalement d’une salle climatisée au cagnard ambiant. Et adapter son échauffement.

Quels sont les moyens pour refroidir le corps? S’asperger d’eau en abondance relève peut-être de l’évidence. Mais il y a aussi une méthode pour bien humidifier son corps. Le médecin propose d’insister sur certains points clés, comme les avants bras. «Une zone très importante d’échanges thermiques. Il y a une circulation veineuse superficielle importante qui permet d’échanger avec l’extérieur.» A Melbourne, l’accessoire à la mode est le coussin réfrigérant, à poser sur la nuque à chaque changement de côté. Il existe aussi des vestes réfrigérantes à enfiler avant ou pendant l’effort. Lors du dernier Euro, les joueurs de l’équipe de France les avaient utilisées pendant leurs entraînements.

Boire, oui. Mais comment? Vider les bouteilles les unes après les autres ne suffit pas pour pallier les pertes hydriques classiques. «Il faut des apports en sels minéraux différents de d’habitude», poursuit Compagnon, habitué à distribuer des pastilles de sels aux Marathoniens des sables pendant l’effort. Le risque majeur d’une perte de minéraux étant de terminer les matchs, non pas déshydratés, mais avec une dilution du taux de sel dans le sang trop importante.

Quels sont les risques pour l’organisme? Pas tant la déshydratation qui peut être compensée par des apports en eau, mais surtout «l’hyperthermie maligne d’effort», comme l’indique le médecin. Un mal brutal qui peut être fatal si la victime n’est pas encadrée. Elle apparaît quand le corps ne régule plus sa température. Celle-ci dépend aussi de l’hygrométrie (le pourcentage d’humidité dans l’air). Plus l’humidité est élevée, moins la transpiration est efficace. Par ailleurs, tous les joueurs ne sont pas sensibles de la même façon à la chaleur. Le facteur génétique joue aussi dans ce domaine là.