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Michael Schumacher: L'hôpital de Grenoble vit au rythme des médias

Michael Schumacher: L'hôpital de Grenoble vit au rythme des médias

ACCIDENTUne semaine après sa grave chute de ski à Méribel, l'ancien pilote allemand de Formule 1 est toujours dans le coma...
A Grenoble, Manuel Pavard

A Grenoble, Manuel Pavard

Depuis une semaine, Michael Schumacher est plongé dans le coma au CHU de Grenoble (Isère), après son grave accident de ski survenu dimanche 29 décembre, à Méribel (Savoie). Une semaine que les journalistes du monde entier font le pied de grue devant l’hôpital, guettant la moindre bribe d’information sur l’état de santé du pilote allemand, tandis que les camions satellite stationnent sur le parking dédié à la presse, d’où émerge une forêt de paraboles. Ce dimanche, caméras et appareils photo sont même plus visibles que les blouses blanches, à l’extérieur du bâtiment.


Un emballement médiatique qui n’est pas sans conséquences sur la vie de l’hôpital, obligé de s’adapter à cette présence inhabituelle. En milieu de semaine, un terrain vague a ainsi été spécialement aménagé en parking presse, en face de l’entrée Chartreuse. «A l’hôpital couple-enfant, situé juste derrière, on est moins impacté aujourd’hui mais au départ, on n’avait même plus accès au parking, avec toutes les voitures de presse et les camions de télévision, déplore Annabelle Payet, infirmière anesthésiste. Idem pour les visiteurs qui n’arrivaient pas à se garer.»

« Certains essayent de soudoyer des infos »

Le personnel du CHU cache d’ailleurs mal son exaspération et les réponses fusent invariablement: « Pas de commentaires.» «On ne peut pas et on ne veut pas vous parler» ou, bien souvent, «Les journalistes nous ‘’emmerdent’’ !». «Notre travail est plus compliqué avec tous ces journalistes qui sont à l’affût jour et nuit, regrette Marius Bonhoure, aide-soignant. Il y a beaucoup d’agitation, c’est un peu le cirque !»

Selon lui, certains seraient prêts à tout, comme l’illustre le cas, révélé mardi par Sabine Kehm, l’attachée de presse de Michael Schumacher, de cet homme déguisé en prêtre pour tenter de s’approcher de la chambre du septuple champion du monde de Formule 1. «Certains journalistes essayent de soudoyer des informations, moyennant finances, affirme Marius Bonhoure. J’ai une collègue à qui on a proposé de l’argent pour donner des infos sur le dossier médical de Schumacher.»

Conséquence: «La sécurité des accès a été renforcée, notamment au niveau du 5e étage, en neurochirurgie. On doit montrer patte blanche en arrivant en réanimation.» Devant les multiples sollicitations médiatiques, «la direction générale a envoyé [à tout le personnel] un mail nous rappelant à notre devoir de réserve et de confidentialité», indique l’aide-soignant. «De toute façon, ajoute Annabelle Payet, il n’y a aucune transparence. On reçoit juste des rapports par mail.»

Ce dimanche, aucune nouvelle information n’a filtré sur l’état de santé de l’ancien pilote Ferrari, «toujours critique mais stable», selon Sabine Kehm. De son côté, le procureur d’Albertville a indiqué qu’il tiendrait un point-presse «en milieu de semaine» avec les gendarmes, qui ont notamment récupéré une caméra fixée sur le casque de Schumacher, susceptible d’avoir filmé la scène.