Dakar 2014: Bernard Chaubet, l'homme aux 65 sponsors

Romain Baheux

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Bernard Chaubet le 4 janvier 2014 à Rosario avant le départ du Dakar.
Bernard Chaubet le 4 janvier 2014 à Rosario avant le départ du Dakar. — R.BAHEUX/20 MINUTES

De notre envoyé spécial à Rosario (Argentine)

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Difficile de trouver encore un peu de place sur la carrosserie de la Mitsubishi de Bernard Chaubet. Sur le capot et les portières de sa voiture de course s’étale un patchwork coloré, composé de logos et de sigles des plus variés. Soixante-cinq en tout, soit le nombre de partenaires qui ont accepté de financer sa participation au Dakar, qui s’élance ce dimanche de Rosario. Pas de ticket d’entrée minimum, Bernard Chaubet a pris tout ce que ses interlocuteurs pouvaient mettre sur la table. «Certains n’ont mis que cent euros, d’autres 500 ou 1.000 pour m’aider, explique-t-il. La conjoncture est difficile pour tout le monde, il faut s’adapter.»

Sortie des écoles et démarchage de PME

Déjà présent sur le Dakar en 2013, Bernard Chaubet a lancé son opération de lever de fonds cet été pour boucler son budget de 70.000 euros le plus rapidement possible. En quelques semaines, l’homme écume les entreprises et les PME de son département de l’Ariège pour gratter le moindre euro. «Pour me faire connaître, je suis allé montrer ma voiture dans les écoles du coin, décrit-il. Comme ça, les gamins en parlaient à leurs parents qui pouvaient peut-être m’aider financièrement.» A force d’acharnement, une enseigne de distribution lui signe un chèque de 20.000 euros qui lui permet de boucler son budget pour partir en Amérique du Sud. «Avec mon copilote, on se lance avec un découvert de 5.000 euros avant que le reste des sommes ne soient virés.», poursuit Chaubet.

En attendant de voir son compte renfloué, ce mécanicien textile dans le civil va surveiller attentivement son véhicule, construit de ses propres mains dans son garage. «Ca m’a demandé 600 heures de boulot pour préparer la voiture pour le Dakar, sourit-il fièrement. Chaque jour, j’étais debout à 4 h du matin et je bossais jusqu’à 21 h. Maintenant qu’on est là, on va essayer de boucler la course comme l’an dernier.» Dans deux semaines, Bernard Chaubet entend bien passer la ligne d’arrivée au Chili et dédier cette course à son fils, disparu il y a dix ans et dont la photo s'affiche sur le toit de la Mitsubishi. La seule partie de la carrosserie qui ne soit pas à vendre.