Ligue 1: Pour Kita, virer un coach, «c’est plus simple que de virer onze joueurs»
INTERVIEW – Le président du FC Nantes Waldemar Kita nous explique les raisons qui poussent les dirigeants à remercier leur coach…Propos recueillis par David Phelippeau
Cinq entraîneurs de Ligue 1 remerciés après 17 journées. C’est un record au moins depuis dix ans. Nous avons interrogé le président Waldemar Kita, qui est un gros consommateur de coachs (sept entraîneurs depuis 2007).
Qu’est ce qui pousse un président de club à trancher?
On sait qu’un club a une obligation de résultats. Il y a surtout les problèmes économiques des clubs qui rentrent en ligne de compte. Quand vous êtes en L1 et que vous descendez en L2, ce n’est évident pour personne. C’est une décision qui n’est pas facile à prendre pour un dirigeant de club. Je suis bien placé pour en parler. Après, je ne peux pas me prononcer sur les cas des entraîneurs remerciés car je ne suis pas à l’intérieur de ces clubs et je ne veux pas me mêler de ça.
Y a-t-il un bon moment pour renvoyer un entraîneur?
Il n’y a jamais de bon ou de mauvais moment. Quand vraiment ça ne va pas, les présidents de club sont obligés de réagir et de changer quelque chose. C’est difficile de se séparer de onze joueurs. Un entraîneur, c’est plus simple. On est donc obligés de faire ça.
Pensez-vous qu’il y a un problème de compétences des techniciens français?
Je ne crois pas qu’il y ait un problème de techniciens français. Après il faut être à l’intérieur du club pour se prononcer. Il faudrait rentrer dans les détails. Moi, ça ne me plairait pas qu’on juge mon choix de virer mes entraîneurs. Certains ne se sont d’ailleurs pas gênés pour le faire à mon encontre.
Vous en avez viré sept. Pourquoi?
Je ne me suis pas séparé d’Elie Baup, il est parti. Der Zakarian, je l’ai déjà dit mille fois mais personne ne veut me croire, je ne voulais pas le virer. Rohr est parti car il avait des problèmes avec ses adjoints. Furlan, il voulait faire la révolution alors qu’il n’avait pas gagné un match (en réalité, deux succès et un nul en neuf matchs, ndlr)… Je pense cependant que si les entraîneurs comprenaient mieux l’économie des clubs et les difficultés qu’ils peuvent avoir, automatiquement, ils comprendraient mieux notre choix de les remercier. Quand Furlan me dit qu’il faut changer toute l’équipe car il entraîne des voyous et qu’il perd six matchs, il n’a pas de leçons à donner…
Y a-t-il un vrai sentiment de culpabilité?
Bien sûr. Humainement, c’était dur pour Der Zakarian, Rohr et Gentili. Ce sont des gens que j’appréciais. Il y a automatiquement un sentiment de culpabilité.



















