Gardiens de hand, hockey, water-polo: Ce qu’ils pensent de Vincent Enyeama
FOOTBALL – La confrérie des gardiens de buts se prononce sur l’invincibilité du portier lillois depuis 1.035 minutes…Romain Scotto
Qu’ils aient une crosse dans la main, un maillot de bain ou un jogging long, les gardiens de hockey sur glace, de water-polo ou de hand portent tous un regard averti sur la performance de Vincent Enyeama. Au-delà du «cela n’a rien à voir» ou «ce n’est pas comparable», Cristobal Huet, Thierry Omeyer, et Rémi Garsau se prêtent au jeu des comparaisons.
Rémi Garsau, gardien de l’équipe de France de water-polo. Meilleure série: «peut-être un match». «Sa constance est impressionnante. Il a une part importante dans les résultats. Ce n’est pas comme s’il n’avait rien à faire contre des équipes faibles. Si je pouvais lui piquer un petit truc, ce serait ses réflexes à bout portant. Il a fait quelques arrêts réflexes pour maintenir cet état de grâce. Personnellement, j’ai rarement fait des matchs à zéro but. Peut-être un. En tout cas, jamais deux d’affilée. Si c’est arrivé, cela veut dire qu’on mène de 25 ou 30 buts. Dans ce cas, l’entraîneur fait des changements. Chez nous, la défense est encore plus importante qu’en foot. Elle facilite les arrêts du gardien, rend le shoot difficile. Si on laisse le joueur fixer longtemps, son tir est quasiment inarrêtable. Ce qui nous rapproche du foot, ce sont les méthodes d’entraînement, de concentration. En match, le placement et l’anticipation des gardiens de football peuvent toujours servir. On partage certaines affinités, comme la gestion de la peur du ballon ou le placement par rapport aux attaquants.»
Cristobal Huet, gardien de l’équipe de France de hockey sur glace. Meilleure série: 240 minutes avec Lugano, soit quatre matchs. «Nous, si on arrive à faire deux matchs de suite sans prendre de but, c’est déjà un exploit. C‘est une période où on a de la réussite. Tout est facile. C’est le cas pour Enyeama. Mais au foot, les cages sont tellement grandes… Quand je regarde un match de foot, j’observe les gardiens. J’aime bien Saint-Etienne parce que je ne suis pas loin géographiquement [il joue à Lausanne en Suisse]. C’est différent, mais on a la même mentalité. On est dans la même confrérie. On aime être le dernier rempart, sauver l’équipe. Tous les exercices de réflexes sont identiques. On fait les mêmes gammes pour attraper le ballon ou les palets. Le point commun, ce sont nos yeux. On lit le shoot et on réagit. Nous on est plus sollicités, mais les gardiens en France sont très bons.»
Thierry Omeyer, gardien de l’équipe de France de handball. Meilleure série: une dizaine de minutes. «C’est impressionnant. Il y a le travail de la défense à saluer, mais on voit qu’il est totalement en confiance. Sur la sortie qu’il fait sur Gignac, il ne doute pas dans ses choix. C’est dû à cet enchaînement de matchs sans but. Il réalise à chaque fois des exploits. Je regarde pas mal de foot, en L1, même si je suis plutôt le Bayern Munich et le Real Madrid car j’ai joué en Allemagne et en Espagne. Techniquement, il y a très peu de similitudes entre nous. Les déplacements sont totalement différents notamment. On se sert beaucoup plus de nos jambes sur les parades basses. Nous, on garde les bras hauts. C’est plus au niveau de l’approche mentale qu’on est proches. Enyeama dégage de la sérénité, il rassure sa défense. Ça ressemble au handball. Quand une défense sait que son gardien est bon, ça a un effet sur tout le monde.»



















