France-Afrique du sud/Pascal Papé: «Je ne suis pas certain que ces mecs soient surhumains»
RUGBY – Le deuxième ligne français évoque le combat physique qui attend le XV de France face aux Springboks, samedi…Propos recueilis par Romain Scotto
Comme souvent face aux Sud-Africains, Pascal Papé s’attend à un match très engagé où il faudra sortir les gros bras pour espérer gagner. Le deuxième ligne des Bleus a donc sa petite idée pour faire vaciller une équipe contre laquelle les Bleus réussissent plutôt bien à domicile…
Avez-vous le sentiment qu’une victoire face aux Springboks ferait basculer votre tournée dans le positif?
En tout cas, une nouvelle défaite et on continuerait à être dans la nasse. On ressent une grosse pression. Mais pas forcément négative. Il faut qu’on se lâche.
Sentez-vous que vous gagnez en confiance depuis le début?
Il y a beaucoup de mieux. La victoire contre les Tonga était obligatoire mais dans l’aboutissement ce n’est pas non plus une référence. Samedi, on a l’occasion de finir cette tournée en battant la deuxième équipe du monde. Ce serait une référence. On sait ce qui arrive en face, du très costaud, du poids lourd. Ce sera un gros combat. Voilà, je crois que toute l’équipe veut gagner contre ce gros morceau.
Quelle est la différence par rapport aux Blacks?
Ce sont deux équipes qui n’ont rien à voir en terme de jeu. Mais c’est tout aussi efficace. C‘est une équipe de brutes qui use son adversaire physiquement. Il y a peut-être moins de certitudes que chez les Blacks, mais ça marche plutôt bien puisqu’ils gagnent pratiquement tous leurs matchs. On sait que physiquement, on ne pourra pas subir pour gagner.
Comment expliquez-vous que vous réussissez souvent face à cette équipe, notamment à Paris?
C’est dans la culture. A chaque fois que l’équipe de France joue contre des équipes plus fortes, on appréhende mieux le match. On arrive mieux à le préparer. La motivation joue. Inconsciemment aussi quand tu sais que tu affrontes une équipe vraiment difficile, jouer avec la trouille, ça permet de se sublimer. C’est une nation contre laquelle tu dérouilles si tu n’es pas prêt.
En quoi est-il important de les marquer physiquement d’entrée?
Oui, la première chose dans le rugby, c’est l’intensité physique, le combat. C’est leur fond de commerce. Si on arrive à les faire douter là-dessus d’entrée de match, on aura une bonne opportunité. Il ne faut pas s’échapper dans l’affrontement. C’est une équipe plus lourde que nous, mais je ne suis pas certain que ces mecs soient surhumains ou surpuissants. Si on arrive à les plaquer bas, à être prêts, ils sont comme les copains, ils tombent aussi.
Un succès effacerait l’année sombre que vous avez vécue?
Je vous dirai ça après le match. J’espère gagner celui-là. On le mérite. On donnera tout pour finir sur une victoire qui vaut quelque chose. Ça apporterait un peu de confiance dans le groupe et on pourrait aborder une nouvelle saison avec un peu de fraîcheur dans la tête.
La différence de poids entre les deux packs est de plus de 30kg. Comment les contrer? Par la vitesse et la technique?
Déjà, il faut défendre leurs ballons portés. 80% des touches se terminent par un ballon porté et en général une pénalité. Quand ce n’est pas «tentable», c’est un pénalty près de la ligne. Il faut être très fort en défense sur cet aspect là. Et les faire subir parce qu’ils n’ont pas trop l’habitude. Les faire douter là où ils sont forts nous permettra d’y arriver.



















