Taxe à 75%: La grève des clubs de foot pas si inéluctable que ça
FOOTBALL – Un «week-end blanc» est prévu autour du 30 novembre...B.V, R.B., R.S, A.M
Cette fois-ci, la menace est réelle. Réunie ce jeudi, l’assemblée générale des clubs professionnels a décidé de mettre en place un «week-end blanc» autour du 30 novembre prochain pour protester contre la taxe à 75%. Sans jamais employer le mot de grève, qui n’est pas encore tout à fait acquise.
Parce que François Hollande peut tout changer
Avant même que cette action soit décidée, François Hollande avait annoncé vouloir rencontre les présidents de clubs, jeudi prochain. S’il dispense les clubs de la taxe qui porte son nom, ou s’il trouve un terrain d’entente, le président de la République peut tout stopper d’un coup. «Nous attendons de voir s’il y aura réellement des amendements, clame Jean-Pierre Louvel, le président de l’UCPF, le syndicat des clubs pros. J’aurais préféré rencontrer le président Hollande avant cette assemblée puisque nous demandons cette réunion depuis le 23 septembre. Et moi, je ne crois que ce que je vois.»
Lors de cet entretien de la semaine prochaine, les patrons de clubs ont l’intention de convaincre le président de la «précarité» financière des clubs. Du moins ceux de la «classe moyenne», «dont Lille, Saint-Etienne, Marseille, Lyon», selon Bernard Caïazzo, président des Verts.
Parce que les diffuseurs et les sponsors ont leur mot à dire
Pour l’instant, Canal+ et BeIn préfèrent garder le silence. Les deux chaînes, codétentrice des droits de la Ligue 1, seraient pourtant les principales victimes économiques d’une possible grève des clubs de Ligue 1. Selon Me Fabrice Lorvo, spécialiste en droit du sport au cabinet FTPA, rien ne les empêcheraient d’ailleurs d’entamer une action en justice contre la Ligue - avec qui elle ont signé les contrats de diffusions.
«La vraie question est de savoir s’il y a eu une concertation préalable entre les clubs et les diffuseurs, explique-t-il. Si les clubs refusent de jouer un événement sans cas de force majeure, pour des satisfactions personnelles qui ne concernent pas les diffuseurs, cela pourrait être considéré comme une non-exécution contractuelle susceptible d’engager la responsabilité de la LFP (qui a contracté avec les diffuseurs) et entrainer l’obligation d’accorder une réparation financière. Les télés ont payé pour un certain nombres de matchs à diffuser, si elles n’ont pas ce nombre de matchs, elles voudront probablement être indemnisées du préjudice subi.» Il en va de même pour les sponsors. «Ils payent pour une visibilité, une retombée médiatique, conclut Me Lorvo.Ils peuvent très bien se retourner directement contre les clubs pour non délivrance de la prestation.»
Parce que l’unanimité n’est pas sûre de durer
Pour le moment, ce qui fait la force de la menace, c’est que le front des clubs est uni. On n’entend pas les dirigeants du PSG, seul capable de s’acquitter de cette taxe à 75% sans ciller. Ni les clubs qui n’auront pas à payer cette contribution, faute de joueur au-dessus d’un million d’euros de revenu. «Pour que mes bilans soient équilibrés, je suis obligé de vendre des joueurs, souvent à des clubs de Ligue 1, explique le président de Caen (Ligue 2), Jean-François Fortin. Je n’ai pas d’intérêts à ce que demain, ils n’aient plus les moyens de recruter chez moi.»
Mais plus la date du 30 novembre et la perspective de pertes financières – comme l’absence de billetterie -s’approcheront, plus «l’unanimité» louée par Jean-Pierre Louvel, le président de l’UCPF, sera compliquée à maintenir. Hors micros, certains président s’interroge déjà sur le bien-fondé d’une telle grève.



















