Tour de France 2014: Comment Christopher Froome veut conserver sa couronne

Romain Baheux

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Christopher Froome lors de la présentation du Tour de France 2014 le 23 octobre 2013.
Christopher Froome lors de la présentation du Tour de France 2014 le 23 octobre 2013. — AFP/MIGUEL MEDINA

Avec son habituel sourire timide, Christopher Froome répond aux journalistes agglutinés autour de lui dans les entrailles du Palais des Congrès. Dans la peau du tenant du titre, Christopher Froome est venu découvrir le tracé de l’édition 2014 du Tour de France mercredi matin. Dans un peu moins d’un an, le Britannique sera au départ de la Grande Boucle avec l’objectif assumé de la remporter une deuxième fois de rang.

La gestion du parcours. Il les redoutait, ils seront bien là. De retour sur le Tour de France, les pavés ne figurent pas dans le tracé du Tour rêvé du Britannique et de la Sky. Adepte des courses tactiques bien maîtrisées, la formation anglaise devra protéger son leader dans les chemins du Nord de la France. «C’est un risque. Tout peut mal tourner sur les pavés, il peut y avoir des crevaisons, des chutes, des problèmes mécaniques», liste Froome. Venu une seule fois sur Paris-Roubaix en 2008, le Britannique devrait effectuer un travail particulier pour préparer cette difficulté. Le reste du parcours n’est pas pour lui déplaire, même s’il lui est moins favorable que celui de son sacre. Le cru 2014 réserve certes un seul contre-la-montre mais sur un tracé de plus de 50 kilomètres où il pourra creuser des écarts. Avec cinq arrivées au sommet, le Britannique aura amplement de quoi s’exprimer en montagne. «Ce n’est pas un Tour dangereux pour Chris, estime son manager Dave Brailsford. On va commencer à travailler dès maintenant, se fixer une stratégie et tout faire pour le remporter.»

La gestion de Bradley Wiggins. En 2012, Christopher Froome avait dû se contenter d’un rôle de lieutenant de Bradley Wiggins, vainqueur cette année-là. La hiérarchie de la Sky a depuis bien évolué et si Wiggins revient, ce sera pour aider Froome à remporter son deuxième Tour de France. Parfois abandonné par ses équipiers cet été, Froome pourrait compter sur l’apport d’un second aussi expérimenté. «Il lui faut quelqu’un avec beaucoup d’expérience et du sang-froid, estime Nicolas Portal, l’un des directeurs sportifs de l’équipe anglaise. Je pense que lui aussi a envie de revenir, ça se sent.» Son retour permettrait surtout à son équipe de réussir une belle opération de communication en alignant, au départ de Leeds, les deux seuls Britanniques à avoir remporté la Grande Boucle. Reste maintenant à convaincre Wiggins de mettre son amour-propre de côté.

La gestion de sa forme. On l’a laissé éreinté par la pluie et ses douleurs au dos, contraint à l’abandon lors des championnats du monde fin septembre. Impressionnant au mois de juillet, Christopher Froome accuse le coup en cette fin de saison, usé par sa préparation pour la Grande Boucle. Sur ce qu’il a montré en juillet, il est quasiment imbattable au sommet de sa forme et de sa motivation. Encore doit-il les retrouver. «J’ai toujours faim pour l’année prochaine», assurait-il mercredi matin. «Je me demande combien de temps il va pouvoir supporter ce régime d’entraînement, s’inquiétait le double vainqueur de l’épreuve Bernard Thévenet après le sacre de Froome. Si son mental arrive à suivre, il sera encore là pour un bon moment.» Et réussira son pari d’inscrire son nom à plusieurs reprises au palmarès.