Tour de France 2014: Ils ne se font pas une montagne des pavés

Romain Scotto

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Les coureurs du Tour de France 2010, lors de leur passage sur les secteurs pavés de Paris-Roubaix, le 6 juillet 2010.
Les coureurs du Tour de France 2010, lors de leur passage sur les secteurs pavés de Paris-Roubaix, le 6 juillet 2010. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Monter des cols à 20%, les descendre comme un pilote, se protéger dans la plaine ou se dépouiller sur un contre-la-montre ne suffit plus pour jouer les premiers rôles dans le Tour de France. L’année prochaine, il faudra aussi encaisser quelques chocs sur les pavés du Nord. Habituellement réservés à Paris-Roubaix ou aux classiques flandriennes, certains secteurs feront partie du menu du Tour 2014. Comme ce fut déjà le cas en 2010.

Pour l’année du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’idée n’emballe pas forcément les grands leaders. Chris Froome, vainqueur en juillet dernier, cauchemarde déjà à l’idée de voir sa carcasse de chat maigre brinquebaler sur ces routes accidentées. Le leader de Sky redoute aussi d’éventuels problèmes mécaniques. «Au mauvais moment de la course, quand les choses s'accélèrent, cela peut vous faire perdre le Tour. Personne ne devrait perdre le Tour à cause d'un problème mécanique», indique à cyclingnews le Britannique, toujours effrayé par l’imprévu.

Nicholas Roche: «Ça donne un peu de piment»

Au nom du spectacle, d’autres leaders comprennent pourtant la décision d’ASO d’emprunter ces routes atypiques. Jean-Christophe Péraud n’est pas un amateur de pavés puisqu’il n’y a roulé qu’une seule fois cette année, à Bruxelles. Mais il ne veut pas se braquer: «C’est tout l’intérêt du Tour. La course peut se gagner ou se perdre sur une journée. Cela fait partie du vélo. Comme affronter l’Alpe d’Huez. Il faut accepter tout ce que le Tour nous propose», indique le leader d’Ag2r, contraint à l’abandon cette année sur chute.

Pas effrayé non plus, le grimpeur de Saxo Bank, Nicholas Roche, va même plus loin: «Le vainqueur du Tour doit être polyvalent et pas seulement un grimpeur. Je pense que ça donne un peu de piment. C’est aussi un clin d’œil. Pourquoi le Galibier n’appartiendrait qu’au Tour et les pavés qu’à Paris-Roubaix?» De 2010, il garde d’ailleurs un très bon souvenir, à l’inverse de Frank Schleck qui avait fini avec une clavicule cassée. L’Irlandais ne s’était pourtant pas préparé de façon spécifique. Il pourrait cette fois modifier son entraînement et son programme de courses. Histoire d'être préparé à tout, lorsqu'il sera amené à frotter au mois de juillet.