Ligue des champions/OM-Naples: Le jeu des quatre différences

FOOTBALL La ville de Naples est souvent comparée à Marseille, mais sur le plan footballistico-sociétal, on a relevé quelques différences…

Camille Belsoeur, à Marseille

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Un tribune du Stade San Paolo, à Naples
Un tribune du Stade San Paolo, à Naples — CARLO HERMANN / AFP

Lors du tirage au sort de la phase de poule de la Ligue des champions, le peuple marseillais a vu son vœu exaucé: affronter pour la première fois de son histoire Naples en C1. «Naples c’est la ville jumelle de Marseille en Italie» nous expliquait alors Guillaume, membre des Yankees. Même passion pour le football, même centre-ville populaire gangrénée par la violence, même passé – deux anciennes colonies grecques adossées à la Méditerranée. Et aussi quelques différences. 20minutes s’est amusé à comparer ces deux «cousins».

1. À Naples, il y a une idole aussi grande que le club

Contrairement à l’OM, l’histoire du Napoli est indissociable d’un joueur, Diego Maradona. C’est la venue du «Pibe de oro» en 1984 qui a offert au club ses lettres de noblesse. Jamais champion d’Italie avant, Naples gagne avec lui deux fois la Serie A (1987 et 1990) et la Coupe de l’UEFA en 1989. «Maradona est encore partout à Naples aujourd’hui», explique Nunzia Chiaramonte, une Napolitaine qui vit à Marseille, et dont le président du club, De Laurentiis, est un ami de la famille. «A Naples, 90% des garçons prennent généralement le prénom de leur grand-père par tradition, mais dans les années 90, beaucoup de pères ont appelé leur enfant Diego ce qui a fâché pas mal de grands-parents», rigole-t-elle.

2. «La religion est partout à Naples», même dans le football

En fait, il y a peut-être une seule figure aussi idolâtrée que Maradona sur la côte amalfitaine: La Madonna Dell’Arco en VO, ou la Madone de l’Arc en VF. «Tout le monde prie la Madonna à Naples, raconte Nunzia Chiaramonte. Quand je regarde les matchs il y a toujours des tifos à la gloire de la Madonne de Pompéi dans les tribunes de San Paolo.» «Les gens sont plus croyants qu’à Marseille, c’est clair», compare son mari Jean-Paul Chiaramonte, qui est, lui, né à Marseille.

3. Deux stades bouillants

«Quand tu joues à Naples, c’est de la folie furieuse, se souvient Jean-Marc Ferreri, qui a joué à San Paolo avec l’OM.  Je me souviens que les supporters font tellement de bruit que ça fait presque peur. C’est un gros atout.» Ce n'est pas un hasard si un proverbe napolitain dit : "Vois Naples et puis meurs". Mais dans la Botte de l’Europe, le public marseillais a également une belle réputation. «A chaque fois que je vais en Italie, les Napolitains me disent que l’OM a une grande équipe avec un grand stade. Pour avoir assisté à des matchs dans les deux villes, je trouve que le spectacle est plus grand à Marseille lors de l’entrée des joueurs. Il y a plus de tifos notamment», raconte Jean-Paul Chiaramonte.

4. Deux statuts différents

Au regard des effectifs actuels, il y a plus de stars du côté napolitain. «En France, les gens connaissent Higuain, Pepe Reine et l’entraîneur Benitez, énumère Nunzia Chiaramonte. Ils peuvent aussi te citer Hamsik, Pandev ou Raul Albiol. Alors qu’à Naples, les gens connaissent qui à Marseille? Valbuena, c’est tout». Sur le papier, Naples, deuxième de la Série A l’an dernier, semble supérieur à l’OM, avec en plus un entraîneur de classe mondiale sur le banc. Mais au jeu des vitrines à trophée, Marseille à l’avantage sur le plan européen, avec une C1 que n’a jamais remporté Naples.