Barrages pour la Coupe du monde: La Grèce «a peur des individualités des Bleus»

Romain Scotto

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L'attaquant de l'équipe de Grèce Mitroglou (à dr.) lors d'un match contre la Slovaquie le 11 octobre 2013 au Pirée.
L'attaquant de l'équipe de Grèce Mitroglou (à dr.) lors d'un match contre la Slovaquie le 11 octobre 2013 au Pirée. — Thanassis Stavrakis/AP/SIPA

Pour une différence de buts défavorable par rapport à la Bosnie, la Grèce a laissé échapper sa qualification directe pour le mondial. La voilà embarquée dans un barrage où elle préfèrerait éviter les Bleus.

Que vaut cette équipe? Deux clichés collent généralement à l’équipe de Grèce, étiquetée vieillissante et défensive. En réalité, le tableau n’est pas si déprimant. «Je côtoie sept internationaux dans mon club et il n’y a pas un seul qui dépasse la trentaine», avance Carl Medjani, le défenseur de l’Olympiakos. En revanche, concernant la qualité de jeu, la Grèce reste une équipe particulièrement frileuse. Si ce n’est triste. En dix matchs de qualifications, elle n’a inscrit que 10 buts. Comme lors de sa victoire à l’Euro 2004, sa rigueur défensive est restée sa marque de fabrique puisqu’elle n’a encaissé que quatre buts durant la campagne. Si elle doit inquiéter les Bleus, elle pourrait s’appuyer sur Konstantinos Mitroglou, la une nouvelle star grecque aussi connue pour ses coupes de cheveux que sa capacité à faire gagner son équipe 1-0.

A quoi s’attendre là-bas? Aussi vieillissant soit-il, le stade Karaiskaki du Pirée reste l’un des plus bouillants d’Europe. L’équipe nationale y dispute donc toutes ses rencontres devant 33.000 supporters unis dès que l’enjeu dépasse celui des crèmeries locales. «L’ambiance est exceptionnelle, comme on a pu le voir lors du match du PSG en Ligue des champions, poursuit Medjani. Ça résonne, il y a un bruit incroyable. Les supporters sont vraiment derrière leurs joueurs. Et vu la situation du pays, les joueurs donnent tout pour donner un peu de fierté à la Grèce.» Preuve que ce barrage pour le Mondial a toutes les chances d’être érigé en «grande cause nationale.»

Que pensent-ils de la France? Du côté d’Athènes, tout le monde s’accorde déjà à dire que le tirage idéal serait d’affronter l’Islande. Après, entre la Roumanie, la Suède ou la France, les joueurs grecs n’ont pas vraiment de préférence. Pour eux les Bleus restent une équipe à prendre au sérieux face à qui la qualification n’est pas impossible. «La France fait peur avec ses individualités. Quand on en parle, ce n’est pas sa force collective qui impressionne», détaille Medjani.  Avec une seule victoire en huit confrontations contre les Bleus, les chiffres ne leur donnent pourtant pas vraiment raison.