Euroligue: Face au CSKA Moscou, Nanterre change de dimension
BASKET – Le champion de France découvre le haut niveau européen jeudi soir à la halle Carpentier…Romain Scotto
Depuis la fin de saison dernière, rien n’est vraiment trop grand pour Nanterre. La nouvelle capitale du basket français s’est mise aux couleurs européennes pour célébrer la venue du CSKA Moscou, mercredi en Euroligue. Même si le match se déroulera à Paris, à la halle Carpentier, les panneaux «A la conquête de l’Europe» garnissent la plupart des abribus de la ville. Comme si un club qui vivotait en Pro B il y a trois ans pouvait légitimement bousculer un club au budget dix fois supérieur (43 millions d’euros contre 4,3), vainqueur de la compétition à deux reprises et cinq fois finaliste depuis huit saisons.
Légèrement dépassés par leur propre succès, les champions de France abordent cette campagne sans objectif précis, si ce n’est celui de ne «pas être ridicule», comme le souligne Johan Passave-Ducteil. Le pivot nanterrien craint juste que la JSF respecte un peu trop ses adversaires et déjoue. «Il ne faut pas qu’on soit des pantins ou des marionnettes face à des joueurs qu’on voyait à la télé. On doit faire le match le plus complet possible et les pousser dans leurs retranchements.» Toute la question est de savoir si ceux qui ont marché sur la Pro A l’année dernière peuvent encore élever leur niveau pour survivre face aux cadors européens.
Un fossé entre la Pro A et l’Euroligue
Pour l’autre pivot, Mouhammadou Jaiteh, la Pro A et l’Euroligue sont deux mondes totalement différents qu’il serait dangereux de mélanger. «Il y a un fossé énorme entre les deux compétitions, nos supporters ne s’en rendent pas forcément compte. Pour nous, l’Euroligue est un bonus. Donc autant prendre du plaisir et engranger de l’expérience.» Le joueur de 18 ans sait déjà qu’il sera autant «observateur» qu’acteur lors de ce match.
«Personnellement, j’ai zéro vécu. Je découvre tout. Faire mon dépucelage contre des joueurs de ce calibre, c’est un vrai bonheur. Je sais que je verrai des choses qu’on ne voit pas en dehors du terrain.» Le fameux vice dans les duels, les déplacements de certains joueurs, et tout ce qu’on ne rencontre pas à un échelon inférieur. Au club, très peu ont déjà goûté au parfum des joutes européennes et personne ne peut vraiment dire si l’équipe est capable de jouer sur plusieurs tableaux. «On n’a pas de repères pour l’instant à ce niveau. Physiquement, on saura très vite si on tient le choc. En tout cas, mentalement, on est prêts», assure Jaiteh, du haut de ses 2,08m. L’un des rares Nanterriens que les Russes ne pourront pas prendre de haut.


















