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J’ai essayé de rouler avec Alberto Contador

J’ai essayé de rouler avec Alberto Contador

CYCLISME – Et soudain, Alberto a décidé de s’en aller…
Romain Scotto

Romain Scotto

Cela commence par un petit mail, reçu il y a une semaine. «Alberto Contador viendra pédaler mercredi prochain entre 15h à 17h à Longchamp. Les passionnés de cyclisme qui se retrouvent habituellement sur le spot parisien pour rouler risquent d’être surpris.» Après une année passée à regarder les coureurs à la télé, l’occasion est trop belle pour ne pas tenter d’accrocher la roue d’un des plus grands leaders du peloton. Pour une exhibition autour de l’hippodrome, à l’invitation de son sponsor, l’Espagnol ne devrait pas trop forcer. En tant que coureur du dimanche, plafonnant à une sortie toutes les deux semaines dans le bois de Vincennes, je m’avance donc autour du camion Saxo avec assurance.

Le rendez-vous est donné au Polo club de Paris, écrin ultra-sélect adossé à l’hippodrome de Longchamp. Autour de moi, quelques collègues, mais surtout des salariés français de Saxo Bank. Au total, une trentaine d’invités, prêts à s’enflammer les mollets pour taquiner l’ex-vainqueur du Tour. Un mécano s’approche et me propose le vélo de Rafal Majka. C’est écrit dessus. «Non, merci, j’ai pris ma propre bécane.» Question de sensations, hein.

Une (pseudo) attaque de Contador

L’Espagnol débarque alors, fringant malgré la pluie. Très vite, je comprends que l’entraînement pépère qu’on m’avait promis va se transformer en un long calvaire humide. Dix boucles de 3km autour de l’hippodrome sont prévues. Evidemment, l’objectif de chacun est de prendre la roue de la star, installée sans forcer en tête de peloton par mesure de sécurité. Autant dire que ça frotte derrière entre galériens. A 25km/h, tout se passe plutôt bien pour moi, même si la pluie nous cingle le visage.

Mais très vite, je comprends que je n’ai d’un cycliste que le maillot. Petit à petit, le compteur du vélo s’emballe. Plusieurs coureurs du coin ont rejoint le groupe. Des jeunes de clubs, maigres comme des stylos pour la plupart. Impossible de lutter plus longtemps. J’ai beau serrer les dents, me dire cent fois que cette balade est mon Tour de France. A 45km/h, rien n’y fait, je suis lââââââché comme dirait Thierry Adam à la télé, sur une (pseudo) attaque de Contador.

A ce moment, je me souviens des recommandations des collègues, avant de quitter la rédac. «Hé, tu suces la roue, hein! Et tu l’attaques dans le faux plat. Tu lui en mets une comme Froome.» «C’est ça compte sur moi.» Après une petite heure d’entraînement, je rejoins finalement la star, arrêtée au bord de la route pour signer des autographes. Trempé jusqu’à l’os, les jambes en feu, il est juste temps de rentrer à la rédac. Pour la saison 2014, je crois que Saxo Bank se passera de moi.