Karim Benzema: «Les reproches sur mon attitude sont injustes»

Romain Baheux

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L'attaquant de l'équipe de France Karim Benzema le 9 octobre 2013.
L'attaquant de l'équipe de France Karim Benzema le 9 octobre 2013. — FRANCK FIFE / AFP

Comme dans un concert, la vedette du show déboule en dernier. Après Mathieu Debuchy et Mamadou Sakho, Karim Benzema a été le dernier joueur à se présenter en conférence de presse à Clairefontaine mercredi. «Vous avez posé beaucoup de questions sur Karim cette semaine, il va pouvoir y répondre lui-même», lance le chef de presse de l’équipe de France Philippe Tournon avant de laisser l’attaquant du Real Madrid répondre aux questions. Chahuté en Espagne, muet depuis plus de vingt heures en Bleu, il les avait sans aucun doute anticipées. «C’est un peu plus difficile que les années précédentes mais ça fait partie de la carrière d’un footballeur. En équipe de France, il faut continuer à travailler, comme je le fais en club, a d’emblée lancé le joueur, questionné sur sa mauvaise passe. On peut me juger sur le nombre de buts que j’inscris mais dans ma tête, je ne pense pas qu’à marquer mais à aider l’équipe à gagner. Il ne faut rien lâcher, ça ne va pas durer dix ans.»

«Un attaquant n’est pas là pour faire le boulot de l’arrière droit ou du numéro 6»
 
Prêt à entendre les critiques sur son faible rendement statistique en Bleu, Karim Benzema devient nettement plus chatouilleux quand on évoque son apparente indolence sur la pelouse. Si vous avez raté un épisode, l’attaquant du Real Madrid traîne de plus en plus la réputation d’un joueur guère porté sur le replacement défensif. Une attitude gênante quand les statistiques ne suivent pas. «C’est quoi l’attitude? Un attaquant, on lui demande de mettre des buts mais pas de faire le boulot de l’arrière droit ou du numéro 6, estime-t-il. Je fais mon rôle de premier défenseur, c’est un effort de dix secondes mais je ne vais pas courir jusqu’à la cage de Hugo Lloris. Ce reproche est injuste.»
 
Pour l’attaquant du Real Madrid, «ce n’est pas Giroud contre Benzema»
 
Juste ou non, Karim Benzema n’est plus aussi incontournable. Après une énième performance décevante de l’ancien Lyonnais en Géorgie, le sélectionneur des Bleus avait titularisé Olivier Giroud lors de la victoire contre la Biélorussie il y a un mois (4-2), laissant Benzema profiter de la rencontre sur le banc. Son statut d’intouchable, conservé pendant des mois, a subitement vacillé et le voilà maintenant en concurrence directe avec l’attaquant d’Arsenal, auteur d’un très bon début de saison et déterminé à s’installer comme le numéro 1 du poste en Bleu. «La hiérarchie est évolutive, a expliqué Didier Deschamps lundi. Ils peuvent commencer l’un comme l’autre sans que cela nuise à notre efficacité.» «C’est un bon attaquant, il fait ses matchs, c’est bien pour lui, pour son club et pour l’équipe de France, glisse Benzema. On est là pour s’aider, ce n’est pas Giroud contre Benzema.» Contre l’Australie vendredi, ça sera pourtant l’un ou l’autre.