PSG: Comment Laurent Blanc a imprimé son style

FOOTBALL L'entraîneur parisien réussit à faire l'unanimité auprès des joueurs et des dirigeants...

Julien Laloye

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Laurent Blanc félicite Alex, le 6 octobre 2013 à Marseille.
Laurent Blanc félicite Alex, le 6 octobre 2013 à Marseille. — C.Paris/SIPA

Evidemment, une victoire chez l’ennemi a tendance à enjoliver les choses. Mais ce serait malhonnête de ne pas rendre à Blanc ce qui lui appartient. Arrivé au PSG par défaut,  celui qui devait bien être le 6e ou 7e choix de Nasser al-Khelaïfi  dans la liste des entraîneurs idoines pour le club parisien, n’a pas mis trois mois à faire les critiques.  Responsable du meilleur début de saison d’un PSG depuis 1996, l’ancien sélectionneur des Bleus a surtout  bossé ses –supposés- points faibles. Décryptage.

Une bonne gestion des egos

C’était la grosse incertitude de départ. Comment Blanc, qui avait donné le sentiment de perdre le contrôle de son groupe avec Bordeaux et les Bleus sur la fin, allait-il s’en sortir avec des joueurs autrement plus racés ?  Il a répondu à la question très vite en envoyant ceux qui n’étaient pas bons sur le banc sans discutailler, à l’image de Pastore et de Lucas. Quant à Cavani, il a été prié de labourer le côté droit en attendant que son duo avec Ibra ne mette plus en péril l’équilibre de l’équipe. Des décisions enrobées dans une com’ irréprochable qui lui ont permis  de gagner le respect du vestiaire. «Blanc ? Il n’y a pas de si grandes différences avec Carlo Ancelotti  raconte Thiago Silva. Ce sont deux entraîneurs avec beaucoup de qualités, très calmes, très tranquilles».  «J’ai lu qu’on ne s’entendait pas mais c’est faux, avec Laurent on se dit les choses importantes » abonde Zlatan dans l'Equipe.  Et celui qui moufte, comme Ménez, est renvoyé chez lui illico. Comme quoi Blanc sait aussi avoir la main ferme.

Une vraie panoplie de tacticien

Après le quart de finale de l’euro 2012 face à l’Espagne, certains joueurs de l’équipe de France l’avaient descendu en off pour avoir imaginé une compo jamais testée à l’entraînement. Blanc a avoué « avoir appris de ses erreurs» dés son arrivée à Paris. Il l’a prouvé en délaissant le 4-4-2 d’Ancelotti pour un 4-3-3 inventif, autour de Verratti, «un joueur qui respire le football», et d’Ibra en faux numéro dix. Tout le monde adhère, surtout le Suédois. «Laurent a apporté de la confiance à l’équipe. Il apprend encore à nous connaître mais il a déjà changé un peu le système de jeu avec ce milieu à trois. C’est quelqu’un qui nous laisse jouer plus librement sur le terrain.»  Quelqu’un, aussi, qui fait faire tourner son effectif à bon escient et réagir en temps réel, comme à Marseille, où Blanc a su faire les bons changements – Rabiot puis Camara- pour que même à dix, le PSG maîtrise les débat. «On nous l’a beaucoup reproché, mais aujourd’hui le PSG a une âme» tranche Matuidi. Et son entraîneur n’y est pas pour rien.

Avec lui, le PSG joue mieux

Carlo Ancelotti avait pour lui les résultats, un peu moins le beau jeu.  Laurent Blanc est en train d’allier les deux. A chaque fois sur les gros rendez-vous, ce qui ne gâche rien. Face à Monaco, Benfica et l’OM, le PSG a frôlé la perfection. «Paris a été dans la maîtrise totale. Ce n’est pas la philosophie de jeu la plus facile à mettre en place, mais quand on la maitrise, ça donne des matchs sans aucune frayeur comme celui là» s’extasiait Blanc après Benfica. L’impression visuelle est confirmée par les chiffres : cette saison le PSG est l’équipe qui possède le plus de ballon (60% en moyenne, contre 54 avec Ancelotti). Elle marque aussi beaucoup sur coups de pied arrêté (8 buts sur 21), une pratique que Blanc a directement importée de Bordeaux, la preuve que le Cévenol ne fait pas que jouer au golf entre deux entraînements dirigés par Gasset.  Ca lui a d’ailleurs valu de chauds compliments de Nasser al-Khelaïfi dans le Figaro: «Je suis très heureux de la qualité du jeu. L’équipe joue même mieux que la saison dernière. Le travail de Blanc est encore meilleur que ce qu’on attendait de lui.»