PSG-Benfica: Les clubs portugais sont-ils vraiment plus malins que les clubs français?

Antoine Maes (avec R.B.)

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Les joueurs de Benfica célèbrent un but contre Pacos de Fereira, le 14 septembre 2013, à Lisbonne.
Les joueurs de Benfica célèbrent un but contre Pacos de Fereira, le 14 septembre 2013, à Lisbonne. — PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Si le PSG venait à coller une rouste à Benfica mercredi soir lors de la 2e journée de la Ligue des champions, la guerre serait loin d’être gagnée. Quelle guerre? Celle de l’indice UEFA, qui détermine quel championnat bénéficiera d’une équipe en plus sur la scène européenne, mais aussi du degré de protection dont celle-ci pourrait bénéficier. La percée des Portugais, qui ont ravi la 5e place à la France la saison passée, a obligé Lyon à disputer deux tours préliminaires de Ligue des champions.

Ce sera encore le cas la saison prochaine, et ce n’est pas parti pour s’arranger tout de suite: les clubs de la Liga Sagres ont repris un demi-point d’avance dans cette course au long cours. Bizarre, au regard de la puissance potentielle de la Ligue 1. Pour Vincent Sasso, passé par Nantes et qui joue désormais à Braga, «les clubs portugais jouent la Ligue Europa beaucoup plus à fond. Ils y attachent de l’importance, parce que c’est une façon pour eux de représenter le Portugal». Mais l’argument du patriotisme sportif ne suffit pas. 

Sasso: «Porto ou Benfica, avant quelques matchs, on sait déjà qu’ils vont en mettre deux ou trois» 

«Porto ou Benfica sont tout simplement meilleurs que des équipes comme Lyon ou Marseille», constate Vincent Sasso. Pourquoi? «Ils recrutent des joueurs sud-américains assez jeunes, ils prennent le risque de faire jouer des gars qui vont s’expérimenter chez eux, détaille Victor Zvunka, le coach de Nîmes, qui a officié quelques mois à Naval, en 2010. Ils ont une très bonne cellule de recrutement qui leur permet de vite détecter les bons joueurs. Porto le fait très bien: ils prennent les joueurs qui leur tapent dans l’œil puis ils les prêtent à d’autres équipes portugaises pour qu’ils prennent de la bouteille.» 

Un avantage non-négligeable, quand on peut en plus régulièrement se permettre de faire reposer ses trouvailles. En France, les coachs pratiquent le turnover en compétition européenne. Au Portugal, ils le font en championnat. «La Ligue 1 est plus homogène. Une équipe comme l’OL peut avoir des difficultés pour aller battre Sochaux ou n’importe quel club, relève Vincent Sasso. Pour Porto ou Benfica, avant quelques matchs, on sait déjà qu’ils vont en mettre deux ou trois». Un avantage qu’auront peut-être un jour le PSG ou Monaco sur le reste du championnat de France.