Ligue 1: Deaux, ce boute-en-train est une locomotive pour Nantes

Football Lucas Deaux, le milieu de terrain des Canaris, est aussi spontané dans la vie que sur le terrain…

David Phelippeau, à Nantes

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Lucas Deaux face au PSG de Zlatan Ibrahimovic, le 25 août 2013
Lucas Deaux face au PSG de Zlatan Ibrahimovic, le 25 août 2013 — FABRICE ELSNER/20 MINUTES/SIPA

La scène a lieu, la semaine dernière, lors d’une conférence de presse au centre d’entraînement de Tola Vologe: «Rémi Garde, Lucas Deaux a dit que les Lyonnais n’arrêtaient pas de chialer. Une réaction?» La réponse de l’entraîneur des Gones est aussi ironique que laconique : « Qui ? » Lucas Deaux est pourtant en train de se faire un nom dans l’élite du football depuis le début de la saison.

Der Zakarian: «Il a un petit grain.»

Au four et au moulin au milieu de terrain du FC Nantes (6e de Ligue 1), l’ancien Rémois, âgé de 24 ans, est aussi très actif dans les médias. Pour leur plus grand plaisir. Sa spontanéité et son naturel tranchent dans un milieu aseptisé. Dimanche, à Rennes, il est heureux d’avoir marqué «contre les galettes-saucisses». Au lendemain de la défaite contre Paris, il insinue que la star Ibrahimovic l’a «mythonné» pour ne pas lui céder son maillot. Dans le vestiaire nantais, ce féru de Twitter amuse, intrigue même. «Il n’est pas tout seul dans sa tête, estime, avec affection, Yohan Eudeline. C’est un vrai personnage. Une grande gueule. Soit tu aimes, soit tu n’aimes pas ce genre de mec.» Serge Gakpé: «Il déconne tout le temps et aime faire le con. Il anime très bien le vestiaire. Dès qu’il a un truc qui lui passe par la tête, il le sort.» Bessat décèle en lui des qualités de show-man. «  Il aime être sur le devant de la scène et se faire remarquer.» «Cette folie, c’est sa force ! », lance même Franck Kita, le directeur général délégué du FCN.

Pas gardé pour la L1 à Reims

A Reims (son club formateur), où il n’a pas été gardé pour évoluer en L1, il était très apprécié des supporters. A Nantes, sa cote de popularité monte en flèche auprès du public. «Il a un petit grain, rigole l’entraîneur Michel Der Zakarian. C’est un bon mec. Moi, ce que j’aime c’est qu’il dit ce qu’il pense.» «Un peu trop même parfois, estime Veretout. Il est comme ça sur le terrain. Il ne calcule pas.» Dans l’intimité du vestiaire, «il ne parle pas que pour dire des conneries, poursuit Veretout. Il sait devenir très sérieux, ce n’est pas un imbécile non plus.»

Critiqué parfois la saison dernière

A son arrivée à Nantes il y a un peu plus d’un an, il ne cache pas son amertume vis-à-vis de Reims. «On sentait que ça le rendait malheureux, se souvient Franck Kita. Il avait soif de revanche et voulait montrer à tout prix que Reims s’était trompé sur son compte.» «Il avait encore beaucoup à faire avec nous, regrette Mickaël Tacalfred, défenseur à Reims et meilleur ami de Deaux. Surtout qu’il avait été le grand artisan de la remontée du club en L1.» La saison dernière, Deaux démontre de grosses qualités en Ligue 2. Insuffisantes toutefois pour beaucoup dans l’optique de la Ligue 1. Depuis cet été, ce fan de basket américain croque dans l’élite du foot et a éteint grâce à ses prestations consistantes les critiques qui l’escortaient la saison dernière. «C’était un mal pour un bien pour lui de quitter son cocon rémois, conclut Tacalfred. Là, il s’éclate à Nantes. Et il n’a pas fini de surprendre.»