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Cyclisme: «Le sponsoring d'une équipe n'est une priorité pour personne»

Cyclisme: «Le sponsoring d'une équipe n'est une priorité pour personne»

CYCLISMEStéphane Heulot et Sojasun doivent jeter l'éponge...
Julien Laloye

Julien Laloye

La voix est chevrotante, l’émotion sincère. Stéphane Heulot accuse le coup. Des mois que le directeur sportif de Sojasun démarchait l’Europe entière pour trouver un nouveau sponsor et faire continuer l’aventure de son équipe. En vain. Comme Euskaltel, comme Vacansoleil, l’équipe française doit fermer la boutique. Elle ne sera pas dans les pelotons en 2014. «Je suis épuisé, j’ai tout essayé mais il faut savoir être raisonnable. On ne peut plus continuer».

Ce n’est pas faute de ne pas avoir fait le boulot sur le vélo –trois participations au Tour de France de rang, et pas que pour montrer le dossard- ni d’avoir manqué de contacts. «Dans la conjoncture actuelle, le sponsoring sportif n’est une priorité pour personne. Notre projet plaît, mais les entreprises ne veulent pas bouger», déplore Heulot. Celles qui étaient prêtes à le faire, comme l’équipe allemande NetApp, proposaient des conditions inacceptables, avec 5 coureurs repris seulement.

«Je n’ai été mal reçu nulle part»

«Il était hors de question que je laisse mon staff de 20 personnes, sans rien» raconte l’ancien champion de France, qui ne peut laisser personne sur le bord de la route. Parmi les coureurs, seuls Julien Simon, Jimmy Engoulvent et Maxime Daniel avaient anticipé la mauvaise nouvelle. Les autres ont préféré attendre, sans être payés en retour. «On se concentre sur eux pour essayer de leur donner l’opportunité d’exercer leur passion l’an prochain».

Après, il sera temps de trouver le partenaire prêt à mettre 6 millions d’euros dans l’affaire afin de faire renaître l’équipe professionnelle à l’horizon 2015. «Je n’ai été mal reçu nulle part. Ce n’est pas le problème du vélo, ni de la mauvaise image qu’il peut avoir, détaille Heulot, qui a construit le projet de A à Z en 2004. Quand on explique aux gens comment on travaille, tous les doutes sont balayés. C’est juste que les décisions ne sont plus aussi spontanées qu’avant». Sojasun continuera d’ailleurs à s’investir dans la structure espoir, celle qui a révélé Pierre Rolland ou Anthony Delaplace. En attendant le repreneur miracle.