Ultras du PSG refoulés à Charléty: «On avait juste prévu une banderole contre la mucoviscidose»

Antoine Maes

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Le match entre le PSG et Lyon, le 29 septembre, au stade Charléty.
Le match entre le PSG et Lyon, le 29 septembre, au stade Charléty. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Si les tribunes de Charléty étaient vides dimanche soir pour la défaite du PSG contre l’OL (0-3), elles auraient pu être un peu plus garnies. Avant le match, une centaine de supporters catalogués «ultras» se sont vu interdire l’entrée de l’enceinte. Parmi eux, il y a James, porte-parole de l’association dissoute «Liberté pour les abonnés». Il dénonce le caractère discriminatoire de tels actes, et assure que lui et ses camarades n’étaient pas là pour créer des problèmes.

Combien étiez-vous dimanche soir à vous faire refuser l’entrée au stade Charléty avant le PSG-OL féminin?

On était une bonne centaine au départ, mais seulement une cinquantaine à être bloqués. Dans les faits on n’a même pas eu accès aux guichets, on a été stoppé avant par les forces de l’ordre. On leur a expliqué qu’on se prêtait à toutes les vérifications et qu’ils verraient qu’on n’était pas les personnes dont ils parlaient. On leur a aussi dit qu’ils étaient largement assez pour nous encadrer. Tous ceux qui étaient reconnus comme contestataires étaient refoulés. Mais hier (dimanche), certains se sont retrouvés bloqués alors qu’ils n’avaient rien à voir avec nous, parce que c’est fait au visu, au petit bonheur la chance. Après, on a demandé à la police de nous laisser aller à la billetterie pour avoir un justificatif et se faire rembourser. Ca n’a pas été possible. 

On vous répond aussi que vous pouvez créer des débordements en tribune…

Là c’était pour encourager les filles. Le seul truc qu’on avait prévu, c’est une banderole contre la mucoviscidose. On voulait démontrer par l’absurde que la situation est ubuesque. Ils ne s’en cachaient même pas: ils veulent nous dégager, point barre. A la fin, les forces de l’ordre étaient dégoûtées, ils ont compris que c’était n’importe quoi. En plus on se moquait d’eux en leur demandant s’ils étaient des employés du PSG. Parce que ce que j’ai vu hier, c’est un gars de la sécurité du PSG qui leur donnait directement des ordres. 

Pensez-vous faire partie de la «liste noire» des ultras du PSG, pour laquelle le club a été mis en demeure par la Cnil?

Je fais partie de la liste, c’est sûr. Je sais même quand j’y suis entré! Là en l’occurrence on n’a même pas été contrôlé par rapport à la liste. Ce sont les gendarmes mobiles qui nous ont dit «vous ne passez pas». Je n’ai jamais été interdit de stade. J’étais à côté d’une association, je n’ai jamais été officiellement membre. Mais j’ai fait partie de moult contrôles d’identité en fin de matchs, je me suis même fait prendre en photo. Pleins de gens se retrouvent emmerdés, pas seulement des anciens ultras. C’est décourageant. Mais tous les spécialistes actuels nous disent la même chose: que ce genre de politique est vouée à l’échec. Au-delà du fait que c’est illégal… On se dit qu’à un moment les gens vont se réveiller.