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Serie A: Rudi Garcia, «le cave» devenu «Dieu vivant» à Rome

Serie A: Rudi Garcia, «le cave» devenu «Dieu vivant» à Rome

FOOTBALL – L’ancien coach du Losc, auteur d’un début de saison canon avec la Roma, s’est aussi parfaitement adapté à sa nouvelle vie…
Antoine Maes

Antoine Maes

«Quand il est arrivé, la blague des Romains c’était de dire qu’ils attendaient Zorro et qu’ils ne voyaient arriver que le sergent». A peine trois mois plus tard, Rudi Garcia est pourtant devenu «un Dieu vivant» à l’AS Rome, promet Gilberto D’Annunzio. Restaurateur (italien évidemment) à Lille, ce proche du coach français est allé voir son pote plusieurs fois depuis sa prise de fonction dans l’un des clubs les plus brûlants d’Italie.

Si Garcia s’est aussi vite fondu dans son costume de «Mister», c’est d‘abord parce que la Roma est en tête du championnat (cinq victoires en cinq matchs), en ayant au passage battu le rival laziale. Mais c’est aussi parce que le Français est devenu «Rudi le Romain» en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. «Ils l’ont pris pour un cave, et maintenant c’est un Dieu vivant, reprend Gilberto D’Annunzio. Rudi est un garçon intelligent, il a séduit la ville. Parce que c’est un Romain, parce qu’il est bronzé, qu’il a les cheveux mi-longs…»

«Je l’ai enfermé une heure et demie au restaurant avec ma serveuse pour son premier cours»

L’ancien patron des Dogues ne s’est pas contenté d’une séance d’UV et d’une bonne coupe. Il a aussi bossé son arrivée. «Avant de partir à New York pour sa première conférence de presse, je l’ai enfermé une heure et demie au restaurant avec ma serveuse pour son premier cours. Ses premiers mots devant les medias, c’était en italien», raconte le restaurateur. «Il est tellement à l’écoute qu’il sait s’adapter, ajoute Guy Marseguerra, patron de salles de spectacle lillois, un autre membre du clan Garcia dans le Nord. C’est lui qui fait l’effort et pas l’inverse».

Une maxime qu’il a adaptée bien vite. Cet été, pendant la préparation, quelques critiques ont fusé. Rudi Garcia a répondu que ceux qui les proféraient étaient sans doute des supporters de la Lazio. Une remarque qui a énervé quelques romanistes pur jus: «Le match d’après, les fans de la Roma criaient, au point que ses gardes du corps lui ont déconseillé de s’approcher. Un mec lui a montré la louve tatouée sur son épaule et Rudi est allé le voir pour discuter. Ca les Italiens adorent», raconte Gilberto D’Annunzio.

«Là-bas, 90% des gens l’adorent, mais ces 90% peuvent être envahissants»

Même cet environnement à très haute pression, qu’il découvre en Italie, n’a pas encore altéré son intégration. «A Lille, on a diné à deux en terrasse, et on est tombé sur trois journalistes italiens. Ils étaient étonnés, et lui ont dit que c’est le genre de chose qu’il serait compliqué de faire à Rome. Là-bas, 90% des gens l’adorent, mais ces 90% peuvent être envahissants», raconte Guy Marseguerra. D’ailleurs, «quand il est allé chercher sa mère à l’aéroport, il a dû se faire escorter», se marre Gilberto D’Annunzio.

Le Garcia nordiste, épicurien et qui fréquentait les concerts et les terrasses, n’existe pas vraiment dans la capitale italienne. «Il a toujours été fasciné par le monde du spectacle. A Rome, il n’a encore rien vu, je ne pense pas qu’il ait vraiment le temps. Mais pour le moment, il est encore dans le "vibe" de son arrivée. Mais peut-être qu’à un moment, cela lui manquera», raconte Marseguerra. D’ici là, il a encore le temps d’améliorer son dernier défaut avant de réussir totalement son acclimatation: «Il ne cuisine pas Rudi. La gastronomie et lui, c’est pas encore ça», s’amuse D’Annunzio.